MIL
MILLE-FLEURS. On appelle Eau de mille*fleurs , L’urine de vaelie reçue dans un vase,pour la prendre ensuite en remède. On appelleaussi Eau de mille-jïeïtrs, huile de mille-fleurs.De l’eau et de l’huile distillée de la bouse devache; et Kossoïis de mille-fleurs, Une sortede rossolis , dans la composition duquel ilentre quantité de fleurs distillées.
MILLÉNAIRE, adject. des a genres. (Lesdeux L se font sentir, mais on ne les mouillepas.) Qui contient mille. Le nombre millénaire.
U est quelquefois substantif, et on s’en sertdans la Chronologie, pour signifier Dix sièclesou mille ans. Dans le premier millénaire. Lesecond , le troisième millénaire.
Oü appelle Millénaires , Ceux qui croyoientqu'après le Jugement universel, les Elus de-meureroient mille ans sur la terre ii jouir detoute sorte de plaisirs.
MILLE-PERTUIS, s. ni. Plante très-com-mune et très-salutaire. Elle est ainsi nommée,parce que, lorsqu’on la regarde au soleil, onvoit sur ses feuilles de petits points transparensqui paroissent autant de trous. Le Mille-pertuisest un excellent vulnéraire. On en tire unehuile souveraine pour guérir les blessures. Ons'en sert même intérieurement dans les crache-mens de sang et dans la dyssenterie.
MILLE-PIEDS, s. m. Insecte des Antilles ,ainsi nommé de la multitude de ses pieds. Ons’en sert aussi par la même raison, pour dési-gner les Cloportes, les Scolopendres et les Jules.
MILLERET. subst. m. (On mouille les L.)Sorte d’agrémens unis ou festonnés, dont onborde les bandes qui garnissent les robes desDames.
MILLÉSIME, s. m. (Les deux L se fontsentir.) Terme dont on se sert en parlant demonnoieet de médailles, et par lequel on entendl’année qui est marquée sur une médaille, surune pièce de monnoie. On ignore en quelleannée celte médaille a été frappée, car le millé-sime n'y est pas, le millésime est tout effacé.
Il se dit par extension, Des médailles frap-pées avant l’an mille. Le millésime de cettemédaille fuit connottre qu'elle fut frappée latroisième année de VEmpire de Tibère .
MILLET, s. ni. (On mouille les L.) C’est lamême cliose que Mil. Un grain de millet.
Proverbialement et populairement, pour'dire, que Ce qu’on donne à quelqu un » est pasâ beaucoup près suffisant pour ses besoins, ondît, que C est un grain de millet dans la queulcd'un due.
MILLIAIRE. subst. m. et aiîj. des 2 genres.(On ne prononce qu’un L dans ce mot et lessuivans.) Bornes sur les grands chemins, éloi-gnées d’un mille l’une de l’autre. A Paris , lepremier milliaire commence au Parvis de Notre-Dame. À Rome , il se comptoit de la Colonnedorée, érigée par Auguste . Une colonne , unepierre milliaire.
milliard, s. m.'Mille millions, ou dixfois cent millions.
MILLIASSe, s. fém. Terme dont on se sertpar quelque sorte de mépris, pour exprimer
MIM
un fort grand nombre. Dans les fêtes publiquesil y a ordinairement une militasse de petitesgens. Dans cette vieille maison il y a une mil-liasse de fourmis, de rats. Sur le bord de cetétang il y a des militasses de moucherons. Uest du style familier.
MILLIEME, adject. des 2 genres. Nombred’ordre qui complète le nombre de mille. Il estle centième, le millième. La millième annéeaprès la naissance de Jésus-Christ .
Il se dit aussi d’une des parties d’un tout,que l’on suppose composé de mille parties. Sij'avois la millième partie de son bien , je seroisassez riche. En ce sens il se dit ordinairementpar exagération. De tout ce qu'il vous dit là , iln'y a pas la millième partie de vrai.
Il est aussi quelquefois substantif masculin ;et alors il signifie La millième partie. Il est in-téressé dans cette affaire pour un millième.
MILLIER, s. m. Nom collectif contenantmille. Un millier d'épingles. Un millier detuiles. Un millier de clous. Un :millier de fa-gots. Un millier d'échahis. Un millier d'arbresà planter. Un millier d’écus.
il signifie aussi Mille livres pesant. Cela pèsedix milliers. Une charrette qui porte deuxmilliers. Un millier de fer , de cuivre , etc.
On dit encore, Un millier de foin, pourdire, Un millier de bottes de foin. Un millierde paille , pour dire, Un millier de boues depaille.
À milliers, Expression adverbiale. En très-grande quantité. On en trouve à milliers. Stylefamilier.
On dit dans le même sens, Des milliei'sd’hommes y des milliers d'exemples y des milliersd'inconvéniens.
MILLION, s. m. Mille fois mille, ou dix foiscent mille. Il y a en France plus de vingt mil-lions d'hommes. Un million d'écus vaut troismillions de livres. Il faut remarquer qu’entermes de Finance, lorsqu’on dit absolumentMillion y on entend un million de livres. Il adeux millions de bien. On lui a compté un mil-lion. Cet homme est si riche, qu'il ne compteque par millions.
On dit qu’Un homme est riche à millions ,pour dire, qu’il est extrêmement riche.
Il se dit aussi d’CJn nombre incertain et in-déterminé. J'ai ouï dire cela un million de fois.Je vous rends un million de gnices.'
MILLIONIEME, adj. numéral des 2 genres.Nombre d’ordre qui complète le nombre d’unmillion.
MILLIONNAIRE, subst. et adject. Il se ditDes personnes extrêmement riches. Un tel faitune grosse fortune, il va devenr un million-naire. C'est un millionnaire.
MILORD. Voyez Lord. On dit populaire-ment d’Un homme riche, que C’est un mi-lord.
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I
! MIME, subst. m. Espèce de Comédie chezles Romains, où l’on se permettoit l’imitationlibre et indécente des discours et des actions
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d’un particulier. Les Acteurs de ces sortes dePièces portoient aussi le nom de Mimes.
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MINAGE, s. m. Droit que l'on prend sur lesgrains qui se vendent au marché. Ce Sei-gneur a droit de minage.
MINARET , s. masc. Tour faite en forme declocher, d’où l’on appelle chez les Turcs lepeuple à la prière, et d’où l’on annonce lesheurgs.
MINAUDER, v. n. Affecter des mines et desmanières pour plaire et paroître plus agréable,Celle femme ne fait que minauder,
MINAUDERIE, subst. f. Mines et manièresaffectées. Je naime point toutes ces minauderies. Ji se dit plus ordinairement au pluriel.
MINÀUDIER, ÈRE. s. Celui, celle qui estdans 1 habitude de faire de petites mines affec-tées. Il se dit principalement des femmes. C'estune minaudière.
U est aussi adjectif. Elleest trop minaudière.
MINCE, adject. des 2 genres. Qui a fort peud’épaisseur. Etoffe mince. Cette doublai e estbien mince. Celte lame d'argent est fort mince:Couper des tranches de pain trop minces. Et ondit proverbialement, Mince comme la langued'un chat , pour dire, Extrêmement mince.
On dit figurément,qu ’Un homme jouit d'utlrevenu bien mince y pour dire, que Son revenuest bien modique. O11 dit aussi, qu 'Une raisonest mince, pour dire, qu’Elle est foiblc; et,qu’Un homme a un mérite bien mince, qu'il al'esprit, un savoir mince, pour dire, qu’il apeu de mérite, peu d’esprit, peu de savoir. Eton appelle Une noblesse mince , Une noblessequi n’est guère considérable. Toutes ces phrasessont du style familier. •
On dit familièrement d’Un homme, qu’il ala mine bien mince, pour dire, qu’il a l’aird’un homme peu considérable.
MINE. s. f. L’air qui résulte de la conforma-tion extérieure de la personne, et principale-ment du visage. Bonne mine. Mauvaise mine.Méchante mine. Grande mine. Petite mine.Mine fi ère. Une mine basse, ignoble. Il n’a pasde mine. Il a la mine fine, la mine fausse, lamine trompeuse. Cette femme a une jolie mine.Il a la mine guerrière , la mine d'un homme deguerre, la mine patibulaire, toute la mine d'unpendard, d'un vaurien. Il fait triste mine. Qnse trompe souvent à la mine. Il ne faut pas tou-jours juger des gens cl la mine, par la mine ,sur la mine.
On dit qu Un homme a une bonne mine,une mauvaise mine, qu’tl a bonne mine , mau-vaise mine, pour dire, qu’il a l’air d’une bonneou d’une mauvaise santé.
On dit, qu’Un homme a la mine d’être ri-che, d'être un peu fou, etc. qu’il en a toute lamine, pour dire, qu’il paroît tel. Il est familierici et dans les acceptions suivantes . 1
On dit aussi qu’Un homme a lamine d avoirfait une chose , pour dire, qu On juge cela àson air. Vous avez la mine, vous m'avez bienla mine d'avoir faitla débauche. La même ch os®