aoa ORE
i u77ne chose blesse, offense , choque , écorchel'oreille-
On dit, en parlant De musique, de vers etde danse, qu’Ün homme a de l'oreille , qu’il al’oreille juste , Voreille délicate , pour dire,qu'il sent bien la mélodie, les accords de lamusique, qu’il entend bien la mesure et l’har-monie des vers, qu’en dansant il suit bien, ilmarque bien la cadence ; _^t l’on dit dans unsens contraire, qu’/l n’a point d 1 oreille , qu’iina pas l'oreille délicate pour la musicjue, qu’iln'a nulle justesse d’oreille pour la danse.
Cn dit aussi figurément, qu 'Un homme aVoreiUe difficile, l’oreille sévère, pour dire, qinC’est un jngedifficile et sévère en faitd’bannoiiio.
Ou dit figurément, qu'Un homme a lesoreilles délicates, pour dire, qu’il se fâche aisé-ment, qu’il se choque des moindres chosesqu’on lui dit; et, qu’il a les oreilles chastes,pour dire, qu’il ne peut souffrir les paroles désbo nnêtes, ou qui blessent tant soit peu la pudeur.
On dit, Prêter l’oreille , pour dire, Êtreattentif, ou écouter favorablement. Prêtcz-moil’oreille. Prêtez l’oreille à ce que je vous dis. Ilne faut pas prête}' l'oreille aux calomniateurs,à la calomnie.
On dit figurément et proverbialem. qu 'UnJuge, après avoir écouté une Partie , doit gar-der une oreille pour écouter Vautre Partie, pourdire, qu’il ne doit pas se laisser prévenir parceux qui lui parlent les premiers, et qu’il fautentendre les deux Parties avant de se déterminer.
.On dit, qu’t/ ne personne n’a pointd’oj'eillespour quelque chose qu’on lui demande , pourdire, qu’Àbsolument elle ne la veut pas faire:;Ye lui parlez point de restituer, il n'a pointd'oreilles pour cela ; et figurément et pro-verbialement, que Ventre affamé na pointd'oreilles, pour dire, qu'Un homme quiafaim,ne fait point d’attention à ce qu’on lui dit.
On dit figurément et familièrement que Lesmurailles ont des oreilles , Lorsqu’on parle dansun lieu où l’on peut craindre d’ètre entendu.
On dit, qu’l/ne chose vient aux oreilles dequelqu’un , pour dire, qu’il en entend parler :Si cela vient une foin uux oreilles du Prince;et figurera, et proverbialem. qu’l7n homme a lesoreilles battues, rebattues de quelque chose, pourdire, qu’il en a souvent ouï parler, qu’il en estennuyé. Je n'ai les oreilles battues d’autre chose.On a les oreilles si rebattues de cette question .
Et en parlant d’Une personne qui oubliefiailemeut les conseils qu’on lui donne, les re-montrances qu’on lui fait, ou cn général quine fait aucune attention à ce qu’on lui dit, ondit familièrement que Cela lui entre par uneoreille, et lui sort par l’autre.
On dit figurémeut, Ferme}' Voreille à quel-que discours, pour dire,'Ne vouloir pas l’é-couler; et familièrem. Faire la sourde oreille,pour dire, Faire semblant de ne pas entendrece qu’on nous dit, et n’y avoir point d’égard,
Et on dît encore figurément et familièrementd'Un homme qui commence à écouter favorablement une proposition par le motif de quel-que interet, qu’U ouvre Us oreilles, qu’on
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lui a fait ouvrir les oreilles. Quand je lui aifait espérer telle chose, il a ouvert les oreilles;cela lui a fait ouvrir les oreilles; il a commencéà ouvrir les oreilles.
On dit figurém. Avoir l’oreille d’un Prince,d’un Ministre , etc. pour dire, Avoir un accèslibre auprès de lui, et en être écoulé favorable-ment; et familièrement, Souffler aux oreillesde quelqu’un, pour dire, Lui suggérer secrète-ment quelque chose de mauvais ou â mauvaiseintention; et, qu’Un homme est toujours penduaux oreilles d’un autre, pour dire, qu’il l'obsèdepour lui suggérer toujours quelque chose. Onne sauroit approcher d’un tel pour lui parler,il a toujours des gens pendus à ses oreilles.
On dit proverbialement et en mauvaise part.Corner aux oreilles de quelqu’un , pouiî dire,Vouloir persuader quelque chose à quelqu’unà force de lui cn parler continuellement.
On dit aussi familièrement, Étourdir lesoreilles , rompre les oreilles à quelqu’un, pourdire, Lui tenir des discours qui l’importunent,qui Je fatiguent.
On dit, lorsqu'on entend dans les oreillesun certain bourdonnement confus, que Lesoreilles cornent; et on dit proverbialement,que Les oreilles cornent à quelqu'un , pourdire, qu’On parle de lui en son absence. Lesoreilles ont bien du vous corner, nous avonstrès-souvent parlé de vous.
On dit aussi , Les oreilles vous cornent , À.quelqu'un qui croit entendre ce qu’on ne luidit pas, ou un bruit qui n’est pas réel. Est-ceque les oreilles m’ont coh lé? ne m*a-t-il pas dûtelle chose?
On dit familièrem- Échauffer les oreilles aquelqu'un, pour dire, Le mettre en colère parquelque discours qui le fâche. Ne lui échauffezpas les oreilles. Si vous lui échauffez les oreilles ,vous vous en repentirez .
Oreille, se prend aussi seulement pourCette partie cartilagineuse qui est au-dehors età l’entour du trou de l’oreille. Petite oreille.Grandes oreilles. Oreilles plates. Oreilles rebor-dées. Oreilles ourlées. Oreilles rouges. Tirer lesoreilles à quelqu'un. On condamnoit les cou-peurs de bourse à avoir les oreilles coupées.Percer les oreilles. Boucles d'oreilles. Pendansd’oreilles. Un cheval qui a les oreilles eb'oites,les oreilles pendantes, qui dresse les oreilles,qui baisse les oreilles, qui chauvit des oreilles.C’est un courtaud qui n’a ai queue ni oreille.Un chien qui secoue les oreilles.
On dit proverbialement , Tenir le loup parles oreilles , pour dire, Ne savoir quel partiprendre dans une affaire qui presse, et où il ya du péril de tous cotés.
On dit figurém. et proverbialement, Frotterles oreilles à quelqu'un, pour dire, Le battre,ïl est populaire. On dit dans le même sens,Donner sur les oreilles à quelqu'un ; et, Il aeu sur les oreilles, pour dire, Il a etc maltraité.Il est du style familier.
On dit aussi familièrement, en parlant d’Unhomme avantageux, qui ne peut soutenir leton qu'il ayoitpris, ou qui a été humilié, mor-
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tific par quelque perte, par quelque mauvaisefortune, qu/l a l’oreïll,: basse, qu’il haïsse
I oreille; et*en parlant d’Un homme fatigué,abattu par le travail, par quelque excès qu’il afait, par la maladie, qu'il a l'oreille basse,qu’il en a sur l’oreille.
On dit figur. et proverbial. qu’Un homme sefait tirer VoreiUe, pour dire, qu’il a de la peineà se résoudre à quelque chose qu’on lui propose.
On dit figurément et familièrement, Avoirla puce « l’oreille , pour dire, Être inquiet, oc-cupé de quelque chose jusqu’à en perdre lesommeil, ou se réveiller plus matin qu’à l'or-dinaire. Il a la puce à VoreiUe. Cette lettre luia mis la puce à VoreiUe.
On dit proverbialement et figurément, Se-couer les oreilles, pour dire, Ne tenir comptede quelque chose, s’en moquer: Quand onveut lui représenter son devoir, il secoue lesoj-eilles ; et d’Un homme à qui ü est arrivéquelque accident, quelque maladie, quelqueaffront, et qui témoigne ne s’en pas soucier,-,qu’il n'a fait que secouer les oreilles.
On dit' proverbialement, Être dans uneaffaire jusqu’aux oreilles, s’y mettre, s’y en-‘foncer jusqu’aux oreilles, par-dessus lesoreilles , pour dire, S’y engager bien avant. Sije le i>oyois en peine , je m’y mettrois jusqu auxoreilles. Il est dans les procès jusqu’aux oreilles
II est endetté par-dessus les oreilles.
On dit proverbialement d’Un homme qui vas'exposer à un grand péril, qu'/i sera bienheureux s’il en rapporte ses oreilles, pour dire,S’il en revient sain et sauf ; et De quelqu’unqui a été ou qui sera maltraité dans quelqueoccasion, qn’Il y a laissé ses oreilles, qu’il yJaisserases oreilles; et, Chien hargneux a tou-jours les oreilles déchirées, pour dire, qu’ilarrive toujours quelque fâcheux accident auxgens querelleurs.
On dit proverbialement, Dormir sur l'uneet l’autre oreille, pour dire, Être parfaitementtranquille. Vous pouvez dormir sur l'une etVautre oreille, cette affaire réussira.
On dit figurément et populairement d’Unvin excellent, que C'est du vin d'une oreille ,Parce que ceux qui en boivent penchent uneoreille en signe d’approbation; et Ion dit aucontraire d’Uu mauvais vin, que C est du vinde deux oreilles , Parce que ceux qui enboiventsecouent la tête pour marquer quils ne letrouvent pas bon.
On ditproverbialement et figurément d’Uneterre à vendre, qu 'Elle a le bouquet sur l'oreille ;et la morne plirase se dit aussi De plusieursautres choses dont on a envie de se défaire.
On dit aussi d’Uiie fille que ses parens ontdessein de marier, qu’Elle a le.bouquet surl oreille. Il est populaire.
Lorsque les fleurs, les arbres fruitiers, lesblés, etc. ont été endommagés parla gelée, parles mauvais vents, on dit, qu Ils ont eu surVoreiUe. Il est du style familier.
Oreille, se dit aussi figurément De plu-sieurs choses qui ont quelque ressemblanceavec la figure de l’oreille. L'oreille d'umoulicr.