SAU
jeux, pour dire, qu’E'.le <st évidente, qu’ellese fait voir d’abord, qu’on la voit sans peine,il y & dans ce tableau des défauts qui sautenttuix yeux . Ne voyez-vous pas la raison de cej)i océdè~là ? elle saute aux yeux.
On dit aussi figurérn., Sauter aux nues , pourdire, Se mettre en grande colère , ou s impa-tienter. Si vous lui dites cela, vous le ferezsauter aux nues ? ou simplement, Sivousluiparliez de cela, vous le feriez sauter.
On dit proverbialem., Reculer pour mieuxsauter, pour dire, Prendre des détours quisemblent éloigner des vues qu'on a,, et qui fontcependant qu’on n’en va que plus vite à sesfuis.
Sauter, signifie encore figurément, Parve-nir d’une place inférieure à une autre pluselevée, sans passer par celle du milieu. Il asauté de la troisième classe en Philosophie.Il a sauté de la charge d’Enseigne d celle deColonel.
On dit aussi figurément, Sauter de bran-che en branche , sauter d'une matière à uneautre, pour dire, Passer brusqueineut et sansliaison, d’un suju à un autre.
On dit en termes de Marine, Le vent a sautédu Nord à l'Est, pour dire., qu’il y a passésubitement.
Sauter , s’emploie aussi activement, et si-gnifie Franchir. «Sauter un fossé. Sauter lesmurailles. Sauter la barrière. Je lui ferai sauta 1les degrés. Sauter les fenêtres. Sauter vingt se-melles.
On dit figurément et familièrement, Fairesauter le bâton à quelqu'un, pour dire, Obligerquelqu’un à faire quelque chose qu’il ne vou-loit pas faire. Il ne vouloit pas épouser cette(iile, on lui a fait sauter le bâton. On dit dansle même seus, Il a été oblige de sauter le bâton,il a sauté le hilton. On dit aussi à peu près dans lemême sens, Sauter le fossé. Et on dit encore.Sauter le fossé, pour dire, Prendre un partihasardeux, après avoir long-temps balancé.
Il signifie aussi figurément, Omettre quel-que chose, soit en lisant, soit en transcrivant.fl ne sait pas lire le Grec; quand il en trouve,il le saute. Il a sauté deux feuillets. Le copistea sauté deux lignes. En ce sens, on dit aussi, ;S’aliter par-dessus ; alors il est neutre.
Saute, ée. participe.
SAUTEREAU, s. m. diminutif de Sauteur.En ce sens il n’est d’usage qu’en parlant Despetits garçons qui roulent d’une montagne enbas en faisant des culbutes. Les sautereaux deVerb&'ic.
On appelle Sautereau# de Bric, Les sillonsqui étant fort hauts et fort étroits, font sauter-et cahoter les voitures.
On appelle aussi Sautereau , Une petitepièce de bois garnie d’une languette de plume, ■qui, en sautant par le mouvement de la tou-che, fait sonner la corde d’un clavecin, d’uneépinette. Il manque deux ou trois sautereaux àcette epinette, à ce clavecin.
SAUTERELLE, s. f. Insecte qui ne s’avance 1qu’en sautant. Sauterelle verte, grise. Petite
SAU
sauterelle. Grosse sauterelle. Une nuée de sau-terelles. Les sauterelles furent une des plaiesd'Egypte.
SAUTEUR, s. m. Celui qui saute. Grandsauteur. Bon sauteur. Les danseurs de corde etles sauteurs. •
Dans les Académies â monter à cheval, onappelle Sauteur , Un clieval de manège.
On dit par ironie dans lesiyle familier, d’Unhomme qui se vante de faire plus qu’il ne peut,que C'est un habile sauteur.
SAUTILLEMENT, s. m. Action de marcheren faisant de petits sauts. La plupart des oi-seaux vont par sautillement .
SAUTILLER, v. n. Sauter h petits sauts. Lespies , les oiseaux sautillent au heu de marcher.Ce danseur ne fait que sautdler . Dans la dansenoble il ne faut pas sautiller.
On dit figurément d’Un homme qui changebrusquement de matière dans la conversation,ou qui n’observe aucune liaison daus ses dis-cours, dans ses écrits, qu’il ne fait que sau-tiller.
SAUTOIR, s. m. Pièce d’armoiries, qui res-semble à une croix de Saint André. • Il ported'argent au sautoir de gueules. Deux clefs pas-sces en sautoir. Cinq besans posés en sautoir. Ily a deux butons fLt.rdclisés passés en sautoirderrière Vécu des Maréchaux de France. On ledit aussi De certaines choses qui sont mises encroix de Saint André. Deux pièces de bois misesen sautoir.
En parlant De» Ordres de Chevalerie , on ditque Tel Ordre se porte en sautoir, c'est-â-dire,En forme de collier tombant en pointe sur lapoitrine, -et soutenant la marque de l’Ordre.L’Ordre de la Toison d'Or se porte en sautoir ’celui de Saint Lazare aussi. Les Prélats neportent les Ordres qu'en sautoir,
SAUVAGE, adj. des 2 genres. Féroce, fa-rouche. En ce sens, il 11e se dit proprement queDe certains animaux qui vivent dans les bois,qui se tiennent dans les déserts, dans les lieuxéloignés de la fréquentation des hommes. Leslions, les tigres, les ours sont des animaux sau-vages et carnassiers. Les cerfs, les daims, lessangliers sotft des animaux sauvages.
Sauvage, signifie aussi, Qui n’est point ap-privoisé. En ce sens, il se dit généralement Detous les auimaux qui ne sont point domestiques.Les animaux sauvages, les animaux domesti-ques. Lelièvre est un animal fort peureux et fortsauvage. Un canard sauvaqe. Un chat sauvage.Une oie sauvage.
Sauvage, se dit aussi Des lieux déserts», in-cultes, stériles et inhabités. Un pays sauvage.On dit aussi h peu près dans le même sens, Unsite sauvage , une nature sauvage.
Sauvage, se dit aussi De certains peuplesqui vivent ordinairementdans les bois,presquesans religion, sans loi, sans habitation fixe, etplutôt en bêtes qu'en hommes. Les peuples sau-vages de VAmérique, de VAfrique, etc. En ceseus, il est aussi substantif. Les sauvages del'Amérique . Il a vécu long temps parmi les sau-vages. Un sauvage. Une sauvage.
Sauvage , se "dit figurément en parlant d’Unhomme qui se plaît à vivre seul, et qui, par bi-zarrerie d’humeur, évite la fréquentation dumonde. C’est un homme fort sauvage, d'unehumeur sauvage. Air sauvage, Manières sau-vages. Moeurs sauvages.
Sauvage , se dit aussi De certaines plantes,de certains fruits qui viennent naturellement,sans qu’omprenne soin de les greffer, de les cul-tiver. Olivia' sauvage. Figuier sauvage. Pom-mier sauvage. Laituesauvagc. Prunes sauvage*.
On appelle Chicorée sauvage , Une chicoréeverte et amère, qu’on 11e laisse pas de cultiverdans les jardins.
On dit De certains fruits,qu'ils ont un goûtsauvage , pour due, qu’ils ont un goût âpre etdésagréable.
On appelle Huile sauvage, LTiuile qui a unpetit goût amer, ce qui 11c la rend que meilleure.
O11 dit figurément et familièrement, Une fa-çon de parier sauvage , un procédé sauvage ,pour dire, Une façon de parler ou d’agir rude,extraordinaire, contre l’usage. Vous racontezlà un trait bien sauvage. Voilà une phrase , uneexpression un peu sauvage.
On appelle populairement Feu sauvage, Unesorte de gale ip.i vient quelquefois au visagedes enfans. Cet enfant a du feu sauvage.
SAUVAGEON, s. m. Jeune arbre venu sansculture. Un beau sauvageon. Sauvageon debelle venue.
SAUVÂGIN , INE. adject. Cela a un goûtsauvagin qui me déplaît. Il est peu en usage. Ils'emploie plus ordinairement au substantif, etsignifie Un certain goût, une certaine odeurqu’ont quelques oiseaux de mer, d’étang etde marais. Cela sent le sauvagin.
Sauvagine, est aussi substantif collectif,et se dit pour signifier Ces sortes d’oiseaux.C*est un pays de lacs et d'étangs, tout y estplein de sauvagine, il y a beaucoup de sauva-gine.
On dit aussi en parlant De l’odeur de ces oi-seaux, Cela sent la sauvagine.
SAUVEGARDE, s. f. Protection accordéepar le Prince, ou par ceux de ses principauxOfficiers qui ont droit de l’accorder. H est en laprotection et sauvegarde du Roi. On Va misen la protection et sauvegarde du Roi et de laJustice.
Sauvegarde, signifie aussi, Les lettres quel’on accorde à quelqu’un, pour exempter saterre, sa maison de logement de gens de guerre.Demander, obtenir, expédier une sauvegarde.En vertu d'une sauvegarde. Donner , accorderune sauvegarde.
On appelle aussi Sauvegarde, Le garde, lesoldat qu’un Général envoie dans une maison,dans un château, poux les garantir de pillageet d’insulte.
On appelle encore «Çauvetjarde, Un placardou sont les armoiries de celui qui a accordé tasauvegarde, et qu’on met sur la porte d’unemaison, d’un château,pour les garantir du pil-lage > ou seulement du logement des gens deguerre.
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