Band 
Tome second. L - Z.
Seite
615
JPEG-Download
 

SUE

sens il n’est guère d’usage qu’au pluriel. Jen'aime point les sucreries. Il a les dents guteespour avoir mangé trop de sucreries.

SUCRIER, s. m. Pièce de vaisselle dans la-quelle on met du sucre en poudre, ou en mor-ceaux. Sucrier d'argent. Sucrier de vermeil.Sucrier de poi’celaine, etc.

SUCRIN. adj. m. Qui a le goût de sucre. Iltïe se dit guère qu’en partant Des melons. Me-lon sucrin.

SUCTION. s. f. Voyez Succion.

SUD

SUD. s. mi. (On prononce le D.) Le Midi.La partie du monde opposéé au Nord, au Sep-tentrion. Le 'vaisseau courut tant de degrésvers le Sud. Naviguer du coté du Sud. Le ventdu Sud, de Sud.

On dit absolument Le Sud , pour dire, I.event du Sud. Le Sud est bon pour passer deFrance en Angleterre. Le Sud souffle depui,-long-temps.

SUD-EST. s. m. Vent qui est entre le Sud e!l’Est. On dit aussi, Sud Sud-Est , pour nnir-quer le vent qui est entre le Sud-Est et le Sud

Sud-Est , so dit en Géographie, pour mar-quer La partie du monde qui est entre le Sudet l’Est.

SUD-OUEST, s. masc. Vent qui est entre leSud et l’Ouest. On dit aussi, Sud Sud-Ouest ,pour marquer Le vent qui est entre le Sud etle Sud-Ouest. Les Marins disent par corruption,Sur-Ouest.

Strn-ouEST, se dit en Géographie, pour mar-quer La partie du monde qui est entre le Sudet l’Ouest.

SU.DORIFÈRE, et pins communément SU-DORIFIQUE. adj. des 2 genres. Qui provoqueta sueur. Poudres sudorifiques. Breuvages su-dorifiques,

11 est aussi substantif. On lui a donné unsudorifique.

SUE

SUÉE. s. f. Inquiétude subite et mêlée decrainte. Il est populaire. On leur donna uneterrible suée. Il cul une rude suee.

SUER. v. n. Rendre par les pores une liu-ttteirr liquide. Suer à grosses gouttes. Suer defaiblesse. Suer pour s'être trop échauffé. Se fairesuer . Suer de la tête, du visage, de tout le corps.Les mains lui suent.

En parlant De l’humidité qui paroît sur lesmurailles dans les temps de dégel, ou dit parextension, que Les murailles suent

On dit aussi figurément et familièrement,qu ’Un homme sue de l’encre, de Vhuile, pour,dire, que Sa sueur a quelque chose de noir, degluant, d’huileux.

Ou dit, Suer du sang. Dans cet exemple etdans le précédent Suer est pris activement.

Suer, signifie Égarement, Travailler heau-se donner beaucoup de peine pour venir^ bout de quelque chose. J’ai bien sué pourcette affaire. Il m'a bien fait suer. Il a bien sué&up -ef- ouvrage

SUF

En parlant d’Un homme -dont la conversa-tion est pesante et importune,ou Bit, C’est unhomme qui fait suer.

On dit figurt'nicnt, familièrement et par exa-gération, Suer sang et eau. Il a fallu suer sanget eau pour le réduire à la raison. Dans cettephrase, il se prend activement.

On dit, Suer la vérole, pour dire, Se fairesuer pour guérir de la vérole; et dans cettephrase, il se prend encore activement. On dilaussi absolument, Suer, dans le même sens,U ne guérira point s’il ne sue , s'il ne se faitsuer.

SïJETTE. s. f. Maladie épidémique et con-tagieuse qui consiste dans une sueur abondante,avec (lèvre maligne et plusieurs autres accidcns.

SUEUR, s. f. Humeur liquide, sérosité quisort par les pores quand on sue. Sueur abon-

■ lante. Sueur Copieuse. Sueur bénigne. Sueur

■ :igre. Sueur fétide. Sueur colliquative. Unesueur froide. La sueur de la mort. La sueurme vint au front. La sueur lui coulait sur levisage. Il était tout en sueur , dégouttant de■■ueur. Son mal s'en ira par les sueurs. La crieest parfaite, quand la sueur est universelle.Cela provoque la sueur. Il lui prit une petitesueur. Il lui prend des sueurs de temps entemps.

On dit proverbialement, Gagner son pain ,gagner sa vie à la sueur de son corps, à lasueur de son visage , de son front , pour dire,En travaillant beaucoup, en se donnant beau-coup de peine. Ce sont de pauvres gens quigagnent leur vie à la sueur de leur cor f s. Dieu ,après le péché d'Adam, lui dit , qu'il mange -roit son pain à la sueur de son front.

Sueur s,.se dit figurément au pluriel, Despeines qu’on s’est données pour réussir à quel-que chose. Apfès bien des fatiques et des sueurs,il est venu à bout de son entreprise.

SUF

SUFFÈTES. s. m. pi. Terme d’antiquité.C’estle nom que portaient àCarth âge les premiers Ma-gistrats de la République. Les Suffîtes avoient «Carthage le meme rang que les Consuls d Rome .

SUFFIRE, v. n. Je suffis, tu suffis, il suffit,nous suffisons, vous suffisez, ils suffisent. Jesuffisons. J'ai suffi. Je suffirai. Suffis, suffisez.Que je suffise. Je sufitrois, etc. Pouvoir four-nir , pouvoir subvenir , pouvoir satisfaire àquelque chose. U se dit également Des choseset des personnes. Quand il sc dit Des choses, ilsignifie, qu’Elles sont de la qualité ou dans laquantité nécessaire; et quand il se dit Des per-sonnes, il signifie, qu’Elles ont les talens et lesmoyens necessaires pour faire ce qu’elles seproposent, ou ce qu’on exige d'elles.. Cent ecuspar an suffisent pour sa subsistance. Ceite sommene suffit pas pour payer toutes les dettes. S’ilperd ce procès, tout son bien n'y suffira pas.Peu de bien suffit au sage. Cinquante pistotesne peuvent suffire pour toutes ces emplettes-là.La dépense est trop grande , il ny peut passuffire. Ce valet ne sauroit suffire à servir tantde personnes. On ne peut pas suffire, à tout. Il

SUF 6 if)

est trop accablé tîaffaires, il ne peut pas suffireà toutes. Il ne peut pas suffire aux questionsde tout le monde.

On dit dans le style familier. Cela me suffit,cela suffit , et simplement, Suffit, pour dire,Voilé qui est bien, c’est assez, n’en parlons plus.

On dit proverbialement, À chaque joursuffit sa peine, suffit son mal, pour dire, qu’ilne faut pas se tourmenter inutilement sur l'a-venir.

Il s’emploie souvent impersonnellement. Usuffit de tant de blé pour tant d'hommes. Qu'ilvous suffise que je l'ai voulu. Il suffit de vous

dire . Vous êtes content, il suffit. Il suffit

d'un calomniateur pour perdre un honnêtehomme.

SUFFISAMMENT, adv. Assez. Il a du biensuffisamment , il a suffisamment de bien pours’entretenir. Il y a du monde suffisamment , ily a suffisamment de monde. Ce Fermier n’aurapas de blé suffisamment pour vivre et pour semer.Il est suffisamment informé de cette affairc-là ,Je Ven ai suffisamment instruit.

SUFFISANCE, s. f. Ce qui suffît, ce qui estassez. Avoir suffisance de blé, de vivres, etc.Vous êtes le maître ,prencz-en votre suffisance.Il ne souhaite pas plus de bien, il en'a sa suffi-sance. Il a sn suffisance de bien, il n'en sou-,haile point davantage. Ce terme ne s'emploieordinairement que dans le style familier.

On dit proverbialement, Qui n’a suffisancen’a rien, pour dire, que Quelques Liens quepossède un homme, s’il ne sait pas s’en con-tenter , il est aussi malheureux que s’il n’avoit-rien.

À suffisance. Manière de parler adverbiale,et du style familier, Suffisamment, assez. U ya eu cette année du blé et du vin d suffisance.

Suffisance, signifie aussi, Capacité, apti-tude pour quelque emploi. Le Roi étant infor-mé de sa capacité et suffisance. Il n’est guèreen usage que dans le style de Chancellerie.

Il signifie encore, Vanité, présomption.N'êtes-vous pas choqué de la suffisance de cet-homme-là? Il a une suffisance-insupportable,,une sotte suffisance.

SUFFISANT, ANTE. adj. Qui suffit, Centhommes sont suffisons pour défendre ce châ-teau. Tant d’arnent, tant* de seliers de blé sc~-ront suffisans pour faire subsister la garnisonpendant six mois. Cette somme est suffisante,.Cciie qranqe est suffisante pour contenir tantde milliers de gerbes. U est suffisant pour payer,.Bonne et suffisante caution.

On dit. en Théologie, La grâce suffisante.Voyez Grâce.

Suffisant, signifie aussi., Orgueilleux, pré-somptueux. Je vous trouve bien suffisant, ïrn- n-suffisante. Le suffisant personnage ! Qu'il et*suffisant! Il a l’uir suffisant. Une mine suffi-sante.

Cn dit familièrement d’ün homme vain Mqui présume de lui-même , qu'il a la grâce,suffisante.

Il se prend aussi substantivement. C est unsuffisant, une suffisante. Faire le suffisant.