638 TAN
Tant que. Aussi loin que. Tant que lu vuese }eut étendre. Tant quetenx le pourra porter.On dit aussi, En abrégeant, Tant que terre.
Tant que. Aussi long-temps que. Tant queje vivrai. Tant quil occupera cette place, il enremplira bien les devoirs. Tant que le mondedurera. Pour tant et si long-temps , pour tantet si peu qu’il vous plaira.
Tant plus que moins. Façon de parler, donton se sert, pour, À peu près. Il a dix millelivres de vente tant plus que moins. Il est dustyle familier.
Tant mieux. Façon de parler adverbiale,dont on se sert, pour marquer qu’Unc choseest avantageuse, qu’on en est bien aise. Lema-lade a eu une sueur cette nuit, tant mieux. S'ilen use bien, tant mieux pour lui.
Tant pis. Autre façon de parler adverbiale,dont on se sert, pour marquer qu’Une chose estdésavantageuse, et qu’on en est fâché. S’il nese corrige pas, tant pis pour lui. Vous lui avezdit des vérités dures , tant pis.
On dît quelquefois, Tant pis, tant mieux ,pour marquer qu’On ne se soucie guère de lachose dont on parle , et qu’il n’y a grand sujetde s’affliger ni de ae réjouir. Il est du style fa-milier.
Tant s’en faut que. Façon de parler, donton se sert, pour, Bien loin que. Tant s'en fautqu’il y consente , qu'au contraire il y répugne.
On dit familièrement et en plaisanterie,'Tant s’en faut qu’au contraire , pour dire sim-p'ement, Au contraire. Vous demandez si cettefemme est jolie , tant s’eti faut qu’au con-traire.
Tant y a que. Façon de parler, dont on nese sert plus que dans le discours familier, et quià peu près signifie, Quoi qu’il en soit. Je nesuis pas bien ce qui donna lieu à leur querelle ,mais tant y a qu'ils se battirent. Tant y a qu’ilest mort.
Si tant est. Façon de parler, dont on nese sert pius guère que dans le style familier,pour dire, Si la chose est, supposé qtoe luchose soit. Je ne manquerai-pas d’y aller, sitant est que je le puisse. Si tant est que cela ar-rive ^ que cela soit comme vous le dites.
Sun et tant moins. Façon de parler, donlon se sert lorsqu'on! paye quelque chose àcompte. Il m'a donné cent pistoles sur et tantmoins de ce qu'il me doit. Voyez Sur.
TANTE, s. f. relatif. La sœur du père ou dela mère. Tante paternelle. Jante maternelle.O» appelfe Grand-faute, La sœur de l’aïeulou de 1*aïeule; et Tante à la mode de Bre-tagne, Celle quia le germain sur quelqu’un,soit du côté paternel, soit du côté maternel.
TANTÔT. Adverbe de temps qui s’emploiepour le futur, et qui signifie, Dans peu detemps. Sa signification est ordinairement ren-fermée dans l’espace du jour où l’on parle. Jel’ai vu ce matin, et jelereverrai encore tantôt.Je finirai cela tantôt. J'en sej'ai quitte tantôt.
Il s’emploie aussi pour le passé, et signifie,Il y a peu de temps ; mais toujours en parlantde la même journée. J'ai vu tantôt l'homme
T AP
donf vous parlez. On m’a dit\ que vous étiezvenu‘.tantôt-me chercher.
A tantôt. Façon de parler familière, pourdire, qu’on se-reverra, qu’on repailera d’uneaffaire dans la même journée. Je vous quittepour ce moment; à tantôt.
Tantôt, se prend quelquefois dans le stylefamilier, pour Un temps plus indéterminé, dansle sens de bientôt : et les verlies que l’on y jointse mettent ordinairement au présent. Ce bdti-ment est tantôt achevé. T.a circonvallation esttnnfdt faite. Ce livre est tantôt fini. J'en suistantôt quitte. Il est tantôt nuit.
Tantôt, redoublé, s’emploie pour marquerDes chaugcmens consécutifs et fréquens d’unétat à un autre. Il se porte tantôt bien , tantôtmal. Il est tantôt d'un avis , tantôt d'un autre.Il est tantôt gai, tantôt ti'iste.
T AO
TAON. s. m. (On prononce Ton.) Grossemouche qui s’attache ordinairement aux bœufs,aux vaches et aux autres gros animaux.
On dit proverbialement et figurément, Lapremière mouche qui le piquera, sera un taon,pour dire, Le moindre mal, le moindre malheurqui lui arrivera, achèvera de le perdre.
T A P.
TÀPABOR.s. m. Bonnet de campagne, dontles bords se rabattent pour garantir des mauvaistemps.
TAPAGE, s. m. Désordre accompagné d’ungrand bruit. Faire tapage. Faire du tapage. Iln’est que du style familier.
TAPAGEUR, s. m.Celui qui fait du tapage.C'est un tapageur. Il est familier.
TAPAGIMINÏ. s. irasc, Terme populaire ,pour signifier Un bruit joyeux. Faire tapaqi-mini.
TAPE. s. f. Coup de la main, soit ouverte,soit fermée. Il lui a donné une bonne tape. Il estpopulaire.
Ou dit prover.bialem. Donner une tape surToeil, pour dire simplement, Donner une tape.
TAPECU. s.m.Sorté de bascule qui s’abaissepar un contre-poids ou autrement, pour former1 entrée d’une barrière.
On appelle aussi T apecu , Une poche queles Capucins portent par-derrière sous leurmanteau.
Cn appelle Tapecu , par dérision* Une voi-ture cabotante et rude. Ce cabriolet est un vraitapecu.
TAPER, v. a. Frapper, donner un coup. Ill’a bien tapé. Je tou* taperai. Eu ce sens, il estpopulaire.
On dit, Taper les cheveux , pour dire, Lesarranger et les relever avec le peigne, d’unecertaine manière qui hs renfle, et les fait pa-raître davantage. Taper les cheveux. Elle se tapeles cheveux. Tapez-moi les cheveux.
On dit, Taper du pied, pour dire, Frapperla terre, le plancher avec le pied; et alors il estneutre.
T Ap
Tapé, ee. participe. Bien-tapé. Des chevenætapés. La frisure tapée lui sied bien.
Il se dit De certains fruits asplatis et séchésau four. Des pommes tapees. Des poires tapées.
On dît familièrement, Voilà une réponsebien tapée, un mot bien tape, pour dire, Uneréponse faite à propos et piquante, un mot vifet piquant.
TAPINOIS, EN TAPINOIS. Façon de par-ler adverbiale. Sourdement, en eacbetle. Il estvenu en tapinois.
On s’eu sert aussi en parlant d’Un hommerusé et dissimulé, qui va adroitement à ses finspar d s voies sourdes et détournées. C’est unhomme qui n'agit point ouvertement, il ne faitrien qu'en tapinois.
TAPIR, se TAPIR, v. Il n’est guère d’usagequ’avec les pronoms personnels, et il signifie,Se cacher en se tenaut dans une posture rac-courcie ou resserrée. Se tapir contre une mu-raille. Se tapir derrière une haie. Se tapir der-rière une porte. Se tapir sous un arbre ; dans unblé. Se tapir dans un coin.
Tapi , ie. participe.
TAPIR, s. m. Animal quadrupède du Brésil .
TAPIS, s. m. Pièce d’étoffe, ou de tissu delaine, de soie, etc. dont on couvre une table,une estrade, etc. Tapis de table. Tapis de pied.Tapis de Turquie . Tapis de Perse. Tapis de laSavonnerie. Tapis vert. Tapis de velours.
On dit figurément, A/ettre une affaire , unequestion sur le tapis , pour dire, La proposerpour l’examiner, pour en jug“r.
On dit aussi figurément et familièrement,Tenir un homme sur le tapis , pour dire, Par-ler de lui, en faire le sujet de la conversation.
On dit encore figurément et familièrement,Amurev le tapiS , pour dire, Entretenir la com-pagnie de choses vaines et vagues, soit à des-sein ou autrement. Il ne faisait qu’amuser letapis. Il umusoit le tapis pour gagner dutemps.
Au jeu de cartes, lorsque quelqu’un manqueà mettre au jeu, on dit proverbialement, queLe tapis brûle. Il est du style familier.
On appelle figurément, Tapis vert , Un en-droit gazonné dans un jardin. Un- lapis vert anmilieu d'une grande allée bordée d'arbres.
On appelle quelquefois Tapis vert, Le Co-mité des Fermiers généraux. On a-discuté cctieaffaire au tapis vert
On dit d’Un cheval, qu’il rase le tapis,pour dire, qu’il ne relève point.
TAPISSER- v, a. Revêtir, orner de tapi sst! 'rie les murailles d'une salle, dîme chambre»etc. Tapisser une salle , une chambre. Les *‘ uC,sefoieut tapissées. Une chambre tapissée.
On dit par extension, Tapisser une chambrede portraits , de dessins. Sa chambre n’est ta-pissée que d’images.
Tapissé, ée. participe.
On dit figurément et poétiquement, que L aterre est tapissée de fleurs au-printemps.
TAPISSERIE, s. f. Ouvrage fait J l’aiguillesur du canevas, avec de la laine, de la soie, del’or, etq. Travailler en tapisserie. Tapisserie de