^o8 T R O
raison, le jugement, l entendement, I’esprif, /amémoire. J, a peur lui trouble la raison.
On dit Troubler un homme , pour dire,Troubler sa mémoire, son jugement, etc.
Il signifie encore, Inquiéter quelqu’un dansla possession, dans la jouissance de quelquebien. /I a été troublé dans la possession de cetteTerre , dans la jouissance de ce Bénéfice.
Troubler , se prend pour Interrompre.Troubler un entretien. Troubler la conversa-tion. Il troubla leur tête-à-tête. J'écrivois ,il est venu me troubler. Un accident troubla lafête.
Troubler , avec le pronom personnel. Levin se trouble , pour, Il devient trouble.
On dit, que Le temps commence « se trou-bler , pour, qu’il commence à se charger denuages.
On dit aussi, qu’Un accusé s'est troublé dansson interrogatoire, pour, qu’il s’est embar-rassé; et, qix'Un Orateur s'est troublé , pour,qu’il a perdu le fil de son discours.
Troublé , ée. participe.
TROUÉE, s. f. On appelle ainsi ordinaire-ment Un espace vide, ou un abatis fait à des-seiu, et qui perce tout au travers d’un bois.Les troupes défilèrent par une trouée. Il est fa-cile de faire une trouée dans ce bois.
Il se dit aussi d’Une ouverture faite danstoute la hauteur d’une haie. Dans celte haie ily a une trouée par où nous pourrons aisémentpasser.
R se dit aussi De l’effet du canon qui éclair-cit les rangs d’une troupe, et d’une charge decavalerie qui la renverse. La cavalerie -u.enan'à charger , fit une trouée épouvantable.
On le dit aussi De l’ouverture que se faitune troupe dans une ligne ennemie , en l’en-fonçant et pénétrant à travers.
TROUER, v. act. Percer, faire un trou. Lesvoleurs ont troué la muraille. Les vers onttroué cet habit.
Ta ouè , ée. participe. Baâ troué. Robe trouée.
TROU-MÀDAftIE. s. m. Espèce de jeu oul’on joue avec de petites boules ordinairementcFivoire, qu’on tâche de pousser dans des ou-vertures en forme d’arcades, marquées de difrferens chiffres. Jouer au Trou-Madame.
On appelle du meme nom, L’espèce de ma-chine ouverte en forme d’arcades, dans les-quelles on pousse les boules. Placer un' Trou-Madame sur un Billard.
TROUPE, s. f. Multitude de gens assemblés.Troupe de paysans. Une troupe d'archers. Unetroupe de voleurs.
Cn appelle Troupe de Comédiens, Un nom-bre de Comédiens associés pour jouer la Comé-die en public. La troupe étoit passable.
On dit, Aller en troupe, marcher en troupe ,en parlant De gens qui vont ensemble en grandnombre. Les Pèlerins alloient autrefois entroupe. Il se dit aussi Des animaux. Les oiessauvages vont en troupe.
En style poétique , on dit, La troupe cé-leste y la troupe immortelle , pour, L’assembléedes Dieux du Paganisme.
TRO
En parlant de Gens de Guerre , Troupe, se.dit d’Un corps ou de Cavalerie , ou d’infante-rie ; et dans ce sens on dit d’Un Officier, qu Tlconduit bien sa ti'oupe, qu’il mène bien satroupe, qu’il tient sa troupe en bon état.
Dans ce sens-U, Troupes , signifie, Plu-sieurs corps militaires pris collectivement. CePrince a de belles troupes. Troupes d’élite, l’é-lile des troupes.
On dit proverbialement et figurément, Re-tirer ses troupes , pour dire, Se désister d’uneinstance, d’une prétention. Je retire mes troupes.Il est familier.
TROUPEAU, s. m. Troupe d’animaux dememe espèce qui sont dans un meme lieu.Troupeau de moutons , de brebis. Troupeau devaches. Troupeau de cochons. Le Berger dutroupeau. Il avoit un beau troupeau. Les trou-peaux parguent. La maladie se mit dans sontroupeau. Quand on dit absolument Troupeau .on entend ordinairement, Un ti-oupeau d<moutons ou de brebis.
On dit par extension, Troupeau de dindons,troupeau d'oies.
On appelle figurément l’Église , Le trou-peau de Jésus-Christ .
On appelle aussi figurément Le peuple d’unDiocèse, d’une Paroisse, Le troupeau de IE-vêgue, du Curé, qui cn sont appelés les Pasteurs.Le bon pasteur donne sa vie pour son troupeau .
TROUSSE, s. f. Faisceau de plusieurs choseslices ensemble. Trousse de linge mouillé gu : onrapporte de Veau . Trousse d'herbes. Trousse defourrage. Trousse de chaume. Trousse de cor-dages. Il portoit une grosse trousse swr lacroupe de son cheval.
Trousse , se dit d’Un carquois. Tirer des :f.èches d'une trousse . Une trousse d’ivoire. Vi-der une trousse. Epuiser sa trousse.
Trousse, se dit d'Une sorte d’étui où ksBarbiers mettent tout ce qui est nécessairepour faire la barbe et les cheveux. Et on ap-pelle Trousse à peignes, La partie d’une toi-lette où l’on a coutume de serrer les peignes.
On appelle aussi Trousses , Les chausser,que portoient autrefois les pages. Il venoit deguilter les trousses. Les Chevaliers de FOrdicportent des trousses guand ils ont leurs habitsde novices.
Aux. trousses. Façon de parler du style fa-milier, pour, À la poursuite. Je mettrai unPrévôt à ses trousses < Il est aux trousses desennemis, il les poursuit de près.
On dit aussi, Être aux trousses de guebgu’un , pour, Être toujouis à sa suite, soitpour l’espionner, soit pour quelque autre chosequi l’incommode. Que voulez-vous faire de cithomme-là , gui est toujours à vos trousses? Ilest familier.
En troussé. Façon de parler adverbiale,,qui se dit en parlant d’Une pci sonne qui estsur la croupe d’un cheval, derrière un cavalierqui est en selle. Mettre une femme en troussederrière soi. Il se dit aussi en parlant Des va-lises, des paquets qu’un cavalier porte derrièrelui sur son cheval
TRO
TROUSSEAU, s. m. Petite trousse. Il n'estguère en usage que dans ces phrases : Un trous-seau de clefs. Un trousseau de flèches.
Il se dit aussi Des hardes, des habits, dulinge, et de tout ce qu’on donne à une fillelorsqu’on la marie ou qu’elle se fait Religieuse.Cette mère songe de bonne heure à faire Utrousseau de sa fille. Son trousseau est toutprêt. Elle a un beau trousseau.
TROUSSE-GALANT, s. m. Sorte de mala-die violente qui fait mourir promptement, etqu’on appelle ordinairement, Colera* niorlus.U est vieux.
TROUSSE-PÈTE. subst. f. Terme badin demépris, en parlant d’Une petite fiUe. Taisez-vous , trousse-pète. Il est populaire.
TROUSSE-QUEUE, s. m. On appelle ainsiCn morceau de cuir, de toile, etc. garni deboucles, avec lequel on enveloppe le haut de laqueue d’un cheval, et on en retrousse le reste.Hct,tre un trousse-gueuc à un cheval.
TROUSSE-QUIN. s. m. Pièce de bois cin-trée qui s’élève sur le derrière d’une selle,comme les arçons sur le devant. Une selle àIrousse-guin est bietiplus commode gu une sellerase.
TROUSSER, v. a.. Replier, relever. Il se ditordinairement Des habits qu’on porte sur soi.Trousser une robe, un long manteau. Troussa jses jupes.
Il sexlit aussi Des personnes, Troussez-vousde peur de vous crottcr. Troussez cet enfant ,afin gu il marche mieux.
On dit familièrement, Trousser une femme,pour dire, Lui lever les jupes. 11 s'emploie fi-gurément et familièrement dans un sens obs-cène.
On dit figurément, Trousser bagage, pour,Partir brusquement, déloger brusquement dequelque endroit. Comme il apprit gu’on le c/.er-r.hoit, il troussa bien vite bagage. Il e.-.t du stylefamilier. On dit plus communément, Pliei' ba-gage.
On dit en termes de Cuisine, Trousser uneToluifie, pour, Rapprocher du corps les aileset les cuisses, afin de l’arrondir en la mettant àla broche.
On dit figurément et populairem. Trousserun homme en malle, pour dire, L’enlever. LePrévôt Va troussé en malle. Si une fois on letrouve, il sera troussé en malle.
Trousser, signifie figurém. et dans le stylefamilier, Expédier précipitamment. Les Jugesont troussé cette affaire dans une matinée. Ondit, qu’t/ne maladie violente a troussé nuhomme en deux jours. Si cette maladie l*prend , il sera bientôt troussé *.
Troussé , ée. participe.
Dans le style familier, en parlant d’Un petithomme bien fait, bien proportionné, propre etjoli, on dit, que C’est un prtit homme bientroussé. On dit de môme, eu parlant d Un che-val bien fait, bien pris et un peu ramassé, queC'est un cheval bien troussé.
On dit aussi familièrement d Une jolie P elite maison, que C’est une petite maison bien