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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

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du deuxième lit, et ayant fait revenir de Grantham, Isaac, sonfils aîné, elle lui confia, sans autre retard, ladministration dupetit bien patrimonial.

Cette tâche ne pouvait quinspirer à un jeune homme déjàinstruit une certaine répugnance. Diriger une ferme, travailleraux champs, ce nétait pas de ce côté que le portaient ses incli-nations. Aussi ne se mit-il que fort mollement à la besogne. Tousles samedis, il se rendait à Grantham , pour vendre au marchéde cette ville les produits de sa terre. Seulement, à cause de sajeunesse, sa mère le faisait accompagner par un vieux servi-teur, qui devait le guider dans ses ventes. Mais il nétait pasplutôt descendu de cheval, que laissant le bonhomme vendreles denrées à sa guise, il senfuyait chez son ancien hôte, lapo-thicaire Clark, et sabsorbait dans la lecture de quelque vieuxlivre, emprunté à sa bibliothèque. Quelquefois, sans y mettre tantde façons, il sarrêtait à mi-chemin de la ville, sinstallait sousun arbre ou derrière une haie, pour lire et étudier. Son compa-gnon allait seul au marché, et au retour, retrouvant son jeunemaître à la place il lavait laissé sur la route, il rentrait aveclui à la ferme.

A Woolsthorpe, Isaac samusait, comme autrefois à lécole deGrantham , à confectionner de petits mécanismes. On montreencore aujourdhui un petit cadran solaire quil avait placécontre le mur de sa maison. J.-B. Biot , lillustre biographe deNewton, a vu lui-même cet intéressant monument de lenfancedun grand homme (1).

La mère de Newton se décida enfin à laisser son fils se livrersans contrainte à létude des sciences, et voici à quelle occasion.

Le jeune homme, tenant un livre à la main, était un jour ense-veli dans une méditation profonde, lorsquun de ses oncles sur-vient, et, curieux de savoir ce qui le captive à ce point, semparede louvrage quil est occupé à lire. Il reconnaît alors que sonneveu travaille à un problème de mathématiques.

Surpris de voir des goûts si sérieux dans un jeune hommede seize ans, le brave homme insista auprès de la mère dIsaac,pour quelle ne contrariât pas davantage la vocation de sonfils, et il eut le bonheur de réussir dans cette tentative.

(1) Mélanges scientifiques et littéraires. ln-S 0 . Paris , 1853, t. I, ]). 120.