NEWTON
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manquait, lui permit bientôt de conquérir le premier rang. Il avaitreçu d’un de ses camarades, plus avancé que lui, un terriblecoup de poing dans l’estomac. 11 résolut, pour se venger, dedépasser son brutal condisciple, et dès lors il travailla si bien,qu’en peu de temps il était devenu le premier élève de l’école deGrantham . Voilà un coup de poing bien placé !
Newton montra de bonne heure un goût très-vif pour les artsmécaniques. Aussi partageait-il rarement les jeux des enfants deson âge. Dès qu’il avait un moment disponible, il allait trouverl’apothicaire Clark, chez qui il logeait, à Grantham , et se livrait,dans le laboratoire, à son goût pour la mécanique. Avec des outilsqu’il s’était procurés et qu’il maniait avec adresse, il exécutait lesmodèles de diverses machines. On cite, entre autres, une horlogeà eau, une petite voiture marchant toute seule, enfin un moulin àvent. Il avait pris l’idée de cette dernière machine aux environsde Grantham , où l’on venait d’en édifier une, de construc-tion toute particulière. Le jeune mécanicien avait seulementajouté au modèle une souris mécanique qui avait son rôle dansla manœuvre de l’appareil. Il appelait cette souris le meunier,parce qu’elle mangeait la farine qu’on lui confiait.
Il imagina aussi de lancer, au milieu de l’obscurité de lanuit, un cerf-volant, auquel il avait attaché une lanterne, afin defaire croire à l’apparition de quelque comète. Newton aimait, onle voit, à mystifier le paysan naïf.
On sera peut-être étonné d’apprendre qu’avec de pareilles dis-positions pour les arts mécaniques, le jeune Isaac Newton cul-tivât la poésie. Rien n’est plus vrai pourtant. Vers la fin de sonséjour à Grantham , il composa diverses pièces rimées, qui sontaujourd’hui très-recherchées des amateurs.
Une certaine connaissance du dessin lui était indispensablepour réaliser ses inventions mécaniques. Il se mit donc à dessiner,de lui-même et sans guide. Ses progrès furent rapides dans cettevoie, et bientôt les murs de sa chambre se couvrirent de copiesou de dessins originaux.
Ainsi occupé à l’école de Grantham, Isaac avait atteint l’âge dequinze ans, lorsque sa mère fut obligée de le retirer de cette école.Elle était devenue veuve une seconde fois, et ses ressources nelui permettaient pas de subvenir plus longtemps aux frais del’éducation d’Isaac. Elle se retira à Woolsthorpe, avec son fils