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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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NEWTON

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manquait, lui permit bientôt de conquérir le premier rang. Il avaitreçu dun de ses camarades, plus avancé que lui, un terriblecoup de poing dans lestomac. 11 résolut, pour se venger, dedépasser son brutal condisciple, et dès lors il travailla si bien,quen peu de temps il était devenu le premier élève de lécole deGrantham . Voilà un coup de poing bien placé !

Newton montra de bonne heure un goût très-vif pour les artsmécaniques. Aussi partageait-il rarement les jeux des enfants deson âge. Dès quil avait un moment disponible, il allait trouverlapothicaire Clark, chez qui il logeait, à Grantham , et se livrait,dans le laboratoire, à son goût pour la mécanique. Avec des outilsquil sétait procurés et quil maniait avec adresse, il exécutait lesmodèles de diverses machines. On cite, entre autres, une horlogeà eau, une petite voiture marchant toute seule, enfin un moulin àvent. Il avait pris lidée de cette dernière machine aux environsde Grantham , lon venait den édifier une, de construc-tion toute particulière. Le jeune mécanicien avait seulementajouté au modèle une souris mécanique qui avait son rôle dansla manœuvre de lappareil. Il appelait cette souris le meunier,parce quelle mangeait la farine quon lui confiait.

Il imagina aussi de lancer, au milieu de lobscurité de lanuit, un cerf-volant, auquel il avait attaché une lanterne, afin defaire croire à lapparition de quelque comète. Newton aimait, onle voit, à mystifier le paysan naïf.

On sera peut-être étonné dapprendre quavec de pareilles dis-positions pour les arts mécaniques, le jeune Isaac Newton cul-tivât la poésie. Rien nest plus vrai pourtant. Vers la fin de sonséjour à Grantham , il composa diverses pièces rimées, qui sontaujourdhui très-recherchées des amateurs.

Une certaine connaissance du dessin lui était indispensablepour réaliser ses inventions mécaniques. Il se mit donc à dessiner,de lui-même et sans guide. Ses progrès furent rapides dans cettevoie, et bientôt les murs de sa chambre se couvrirent de copiesou de dessins originaux.

Ainsi occupé à lécole de Grantham, Isaac avait atteint lâge dequinze ans, lorsque sa mère fut obligée de le retirer de cette école.Elle était devenue veuve une seconde fois, et ses ressources nelui permettaient pas de subvenir plus longtemps aux frais deléducation dIsaac. Elle se retira à Woolsthorpe, avec son fils