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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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NEWTON

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par exemple, offre des inégalités dans son mouvement autour de laterre, sous linlluence de lattraction solaire, elle est aussi in-lluencée par les autres planètes; mais laction de celles-ci est sifaible, quon peut la négliger sans erreur sensible. De même touteplanète peut être considérée comme subissant seulement lin-lluence du soleil et de la planète la plus voisine : cest ce quonappelle le problème des trois corps. Sil fallait tenir compte, dans lemouvement de chaque planète, de laction perturbatrice de toutesles autres à la fois, on se perdrait dans le dédale inextricable decalculs aussi compliqués.

Lattraction est donc la force qui gouverne les mouvements detous les corps planétaires ; cest aussi celle qui gouverne lamatière sur le globe que nous habitons ; cest celle qui maintientréunies les molécules de tout ce qui existe dans le sein de la terreou à sa surface, et qui en forme un tout compacte. Dans ce der-nier cas, on lappelle cohésion.

On voit donc que lattraction est vraiment universelle, aumoins dans notre système solaire, qui est le seul qui se prête à desobservations suffisantes et à lépreuve du calcul. En est-il de mêmepour les milliers dautres systèmes qui apparaissent à nos yeuxsur la voûte céleste, et dont les étoiles fixes sont les soleils ? 11 estpermis de le penser, mais non de laffirmer.

Quelle est la nature intime de cette force universelle ? Newtonne sen met pas en peine. Dans la préface placée en tête de lapremière édition de ses Principes, il a bien soin dexpliquer quilnentend pas poursuivre cette insaisissable inconnue, lanature de la force, mais quil nen veut étudier que les mani-festations ; en un mot, que, laissant de côté les causes des phé-nomènes physiques, il nen considérera que les effets visibles,méthode excellente et que, malheureusement pour les progrès dela véritable science, on a trop souvent négligée.

« Ce que jappelle attraction, dit Newton, est peut-être causé parquelque impulsion ou de quelque autre manière qui nous est inconnue.Je ne me sers du mot attraction quen général, pour désigner la forcepar laquelle les corps tendent lun vers lautre, quelle que soit lacause de cette force. Car il faut que nous apprenions, pour les phéno-mènes de la nature, quels corps sattirent lun lautre, et quelles sontles lois et les propriétés de cette attraction, avant quil soit convena-ble de rechercher quelle est la cause efficiente de lattraction. »