NEWTON
27
par exemple, offre des inégalités dans son mouvement autour de laterre, sous l’inlluence de l’attraction solaire, elle est aussi in-lluencée par les autres planètes; mais l’action de celles-ci est sifaible, qu’on peut la négliger sans erreur sensible. De même touteplanète peut être considérée comme subissant seulement l’in-lluence du soleil et de la planète la plus voisine : c’est ce qu’onappelle le problème des trois corps. S’il fallait tenir compte, dans lemouvement de chaque planète, de l’action perturbatrice de toutesles autres à la fois, on se perdrait dans le dédale inextricable decalculs aussi compliqués.
L’attraction est donc la force qui gouverne les mouvements detous les corps planétaires ; c’est aussi celle qui gouverne lamatière sur le globe que nous habitons ; c’est celle qui maintientréunies les molécules de tout ce qui existe dans le sein de la terreou à sa surface, et qui en forme un tout compacte. Dans ce der-nier cas, on l’appelle cohésion.
On voit donc que l’attraction est vraiment universelle, aumoins dans notre système solaire, qui est le seul qui se prête à desobservations suffisantes et à l’épreuve du calcul. En est-il de mêmepour les milliers d’autres systèmes qui apparaissent à nos yeuxsur la voûte céleste, et dont les étoiles fixes sont les soleils ? 11 estpermis de le penser, mais non de l’affirmer.
Quelle est la nature intime de cette force universelle ? Newtonne s’en met pas en peine. Dans la préface placée en tête de lapremière édition de ses Principes, il a bien soin d’expliquer qu’iln’entend pas poursuivre cette insaisissable inconnue, — lanature de la force, — mais qu’il n’en veut étudier que les mani-festations ; en un mot, que, laissant de côté les causes des phé-nomènes physiques, il n’en considérera que les effets visibles,méthode excellente et que, malheureusement pour les progrès dela véritable science, on a trop souvent négligée.
« Ce que j’appelle attraction, dit Newton, est peut-être causé parquelque impulsion ou de quelque autre manière qui nous est inconnue.Je ne me sers du mot attraction qu’en général, pour désigner la forcepar laquelle les corps tendent l’un vers l’autre, quelle que soit lacause de cette force. Car il faut que nous apprenions, pour les phéno-mènes de la nature, quels corps s’attirent l’un l’autre, et quelles sontles lois et les propriétés de cette attraction, avant qu’il soit convena-ble de rechercher quelle est la cause efficiente de l’attraction. »