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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLEnétait pas du tout une borne, comme celles contre lesquelles laraison se heurtait dans lenseignement universitaire de cetteépoque. Il naurait pas, à linstar de son collègue Kuhnius, coupécourt à toute demande dexplication, par cette réponse solennelle :« Cest la règle ! » variante nouvelle du Magister dixit.

Cependant Thomasius conseilla à Leibniz de s'appliquer, durantun certain temps, à la méthode scolastique, non pour ce quellevalait en elle-même, mais afin de nêtre pas arrêté dans la lecturedes écrits de la plupart des philosophes, Ton rencontrait sou-vent des termes de lécole. Lélève suivit ce conseil et sen trouvabien. Mais il ne laissa pas de philosopher en particulier dans lasolitude. Un passage extrait dun recueil de diverses pièces iné-dites, nous donnera le bilan des idées et des progrès de Leibniz ,dans sa première période universitaire.

« Jai tâché, dit-il, de déterrer et de réunir la vérité ensevelie sousles opinions des différentes sectes des philosophes, et je crois y avoirajouté quelque chose de mieux pour faire quelques pas en avant. Lesoccasions de mes études, dès ma première jeunesse, my ont donné dela facilité. Etant enfant, jappris Aristote , et même les scholastiquesne me rebutèrent point, et je nen suis point fâché présentement.Mais Platon aussi avec Plotin me donnèrent quelque contentement,sans parler dautres anciens que je consultai. Peu après, étant éman-cipé des écoles triviales, je tombai sur les modernes, et je me sou-viens que je me promenais seul dans un bocage près de Leipsick,appelé le Rosenthal, à lâge de 15 ans, pour délibérer si je garderais lesformes substantielles. Enfin, le mécanisme (la mécanique) prévalut, etme porta à mappliquer aux mathématiques. Il est vrai que je nentraidans les plus profondes quaprès avoir conversé avec ilf. Huygens, à Paris .Mais quand je cherchai les dernières raisons du mécanisme et deslois mêmes du mouvement, je fus tout surpris de voir quil était im-possible de les trouver dans les mathématiques et quil fallait retour-ner à la métaphysique. Cest ce qui me ramena aux entéléchies, etdu matériel au formel, et me fit enfin comprendre, après plusieurscorrections et avancements de mes notions, que les monades, ousubstances simples, sont les seules véritables substances, et que leschoses matérielles ne sont que des phénomènes, mais bien fondés etbien liés. Cest de quoi Platon et même les académiciens postérieurset encore les sceptiques ont entrevu quelque chose. Mais ces mes-sieurs, après Platon , nen ont pas si bien usé que lui. Jai trouvéque la plupart des sectes ont raison dans une bonne partie de cequelles avancent, et non pas en tout ce quelles nient. Les forma-listes, comme les platoniciens et les aristotéliciens, ont raison dechercher la source des choses dans les causes finales et formelles.Mais ils ont tort de négliger les efficientes et les matérielles, et deninférer, comme faisaient Henri Morus en Angleterre et quelques autresplatoniciens, quil y a des phénomènes qui ne peuvent être expliqués