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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LEIBNIZ

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mécaniquement. Mais, de lautre côté, les matérialistes, ou ceux quisattachent uniquement à la philosophie mécanique, ont tort derejeter les considérations métaphysiques et de vouloir tout expliquerpar ce qui dépend de limagination. Jeme flatte davoir pénétré lhar-monie des différents règnes et davoir vu que les deux partis ont raisonpourvu quils ne se choquent point, que tout se fait mécaniquementet métaphysiquement, en même temps, dans les phénomènes de lanature. Il nétait pas aisé de découvrir ce mystère, parce quil y apeu de gens qui se donnent la peine de joindre ces deux sortesdétudes. M. Descartes lavait fait, mais pas assez. Il était allé tropvite dans la plupart de ses dogmes; et lon peut dire que sa philoso-phie nest que T antichambre de la vérité. Et ce qui la arrêté le plus,cest quil a ignoré les véritables lois de la mécanique ou du mouve-ment, qui auraient pu le ramener. M. Huygens sen est aperçu lepremier, quoique imparfaitement; mais il navait point de goût pourla métaphysique. Jai marqué dans mon livre que, si M. Descartessétait aperçu que la nature ne conserve pas seulement la mêmeforce, mais encore la même direction totale dans les lois du mouve-ment, il naurait pas cru que lâme peut changer plus aisément ladirection que la forcé des corps, et il serait allé tout droit au systèmede lharmonie préétablie, qui est une suite nécessaire de la conservationde la force et de la direction tout ensemble (1). »

La philosophie quenseignait Thomasius était un éclectismeraisonné. Gomme il sétait aperçu que lattachement opiniâtre auxdoctrines dune secte quelconque, est le plus grand obstacle auxprogrès de nos connaissances, il publia un abrégé historique desécoles de la Grèce , et arrivant au Cartésianisme, qui commençaità passionner les esprits, il sattacha à montrer ce qui était àprendre et ce qui était à laisser dans cette nouvelle philosophie.Leibniz avait embrassé ce sage éclectisme, se réservant de levarier encore et de le perfectionner à sa manière. On vient desapercevoir quil ne rend pas tout à fait justice à Descartes . Cepen-dant il procède de lui, et même plus quil ne le pense, et il luiemprunte sans aucun déguisement, les explications mécaniques,à lexclusion des formes substantielles des scholastiques. Mais ilmettait Aristote au-dessus du philosophe français , parce quecétait Aristote qui lui avait fourni son point de départ, le principemétaphysique, quil plaçait à lorigine de tout, à savoir la naturemême de lexistence, par laquelle toute, philosophie doitcommencer (1). Il trouvait une différence entre ce point de départet celui de Descartes ; Il faut savoir quà lépoque vint Leibniz ,

( 1 ) Altius oriendum est a notione existentiœ.