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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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74 SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

il continuait et non sans raison à soutenir contre les Cartésiens,que lui seul (on ignorait alors ce que faisait Newton) avait puajouter quelque chose à la science de Descartes . 11 se défendaitsurtout et très-justement, de chercher à rabaisser la réputation duphilosophe français au profit de la sienne.

« Bien loin, dit-il, de vouloir ruiner la réputation de ce grand homme,je trouve que son véritable mérite nest pas assez connu, parce quonne considère et nimite pas assez ce quil a eu dexcellent. On sattacheordinairement aux plus faibles endroits, parce quils sont le plus à laportée de ceux qui ne veulent point se donner la peine de méditerprofondément. Cest ce qui fait quà mon grand regret, ses sectateursnajoutent presque rien à ses déconcertes, et cest leffet ordinaire de les-prit de secte en philosophie... Jai toujours déclaré que jestime infini-ment M. Descartes ; il y a peu de génies qui approchent du sien; jene connais quArchimède , Copernic , Galilée , Képler , Jungins ,MM. Huygens et Newton , et quelque peu dautres de cette force,auxquels on pourrait ajouter Pythagore , Démocrite , Platon , Aristote ,Cardan, Gilbert, Vérulamius (Bacon ), Campanella, Harvœus(Harvey), M. Pascal et quelques autres. Il est vrai cependant queM. Descartes a usé dartifices pour profiter des découvertes des autres, sansleur en vouloir paraître redevable. Il traitait dexcellents hommes dunemanière injuste et indigne, lorsquils lui faisaient ombrage, et il avaitune ambition démesurée pour sériger en chef départi; mais cela ne

diminue point la bonté de ses pensées. Le peu de réputation

quon me fait lhonneur de maccorder, je ne lai point acquis en ré-futant M. Descartes , et je nai point besoin de ce moyen; le droit,lhistoire, les lettres, y ont contribué avant que jaie songé aux ma-thématiques. Et si notre nouvelle analyse, dont jai proposé le calcul,passe celle de M. Descartes , autant et plus que la sienne passait lesméthodes précédentes, la sienne ne laisse pas de rester très-estimable,quoiqu'il ait été nécessaire, pour le progrès des sciences, de désabuser ceuxqui la croyaient suffire à tout .>

Cest ici le lieu de dire quelques mots, avant de terminer, de lafameuse querelle qui séleva, entre les partisans de Leibniz et ceuxde Newton , relativement à la découverte du calcul infinitésimal.Nous serons court, car le sujet a déjà été exposé dans la Vie de New­ ton , et dailleurs le procès, après cent cinquante ans, a été enfinjugé péremptoirement, grâce aux heureux papiers que M. le comteFoucher de Careil a récemment découverts dans la bibliothè-que de Hanovre , et surtout à une nouvelle édition du CommerciumEpistolicum.

Daprès le nouveau jugement, chacun des deux rivaux con-serve encore son droit et son titre dinventeur.