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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LEIBNIZ

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Il sagissait, comme on le sait, dans cette dispute célèbre, dunequestion de priorité entre Descartes -et Leibniz , tous delix grandsgéomètres, et tous deux réputés inventeurs du calcul diflérentieLLeibniz avait publié, en 1684, dans les Actes de Leipzig , lesrègles du nouveau calcul, sous le titre de A ovaniethodus, etc. Iroisans après, cest-à-dire en 1687, Newton publiait le plus impor-tant de ses ouvrages, les Principes mathématiques de la philoso­ phie naturelle , il donnait, sous le nom de Méthode des fluxions,les éléments dun calcul assez semblable au calcul différentiel deLeibniz . Newton ne copiait pas Leibniz . Il était même avéré pardeux de ses lettres écrites à Leibniz lui-même, que, dès lannée1676, il était déjà en possession du nouveau calcul; il était donc,de fait, le premier inventeur. Seulement Leibniz lavait devancédans la publication de la méthode, sans avoir été alors nullementaccusé par Newton dêtre son plagiaire. Ce fut donc à Leibniz quele public continua dattribuer les honneurs de la nouvelle décou-verte mathématique.

Leibniz jouit paisiblement de cette position pendant vingt ans.Cest alors seulement quil séleva entre les partisans du savantanglais et ceux du géomètre saxon, une querelle, qui fut très-viveet trop souvent accompagnée dinjures. Comme nous 1 avons ditdans la Vie de Newton , le jugement de cette affaire fut déféré àla Société royale de Londres , qui prononça en faveur de Newton .La sentence allait même jusquà faire peser sur Leibniz une im-putation de plagiat.

« Leibniz , dit Fontenelle, avait commencé à travailler à un Com-mercium malliematicum, quil devait opposer à celui d'Angleterre. Ainsi,quoique la Société royale puisse avoir bien jugé sur les pièces quelleavait, elle ne les avait donc pas toutes, et jusquà ce quon ait eu cellesde M. Leibniz , léquité veut quon suspende son jugement. »

Ainsi, pour Fontenelle, la cause était encore pendante devantlopinion publique. Or ces pièces, dont Fontenelle vient de re-gretter labsence, sont maintenant en partie retrouvées; et ellesdonnent à laffaire une face toute nouvelle.

Voici la sentence portée par deux juges très-compétentsMM. Biot et Lefort, qui ont publié, en 1856, une nouvelleédition du Commercium Epistolicum, avec toutes les pièces néces-saires à une appréciation impartiale du litige. Cette sentence a