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tif; ces routes, dont il s’est contenté d’ouvrir 1 entrée et d aplanirles premiers obstacles, sont encore autant de bienfaits dont lessciences s’enrichiront, et dont la postérité jouira, en oubliant peut-être la main dont elle les aura reçus (1). »
Euler était connu de la plupart des princes du Nord. Il en estpeu qui n’aient tenu à honneur de correspondre avec lui, ou delui donner quelques marques de leur estime, quand il ne leurétait pas donné d’aller le visiter, et de vénérer dans sa personne ungénie si vaste et si élevé, uni à des vertus et à des mœurs si sim-ples. Le prince royal de Prusse voulut se procurer cette satisfac-tion, pendant le voyage qu’il fit à Saint-Pétersbourg . Sans vouloirattendre la visite de l’illustre vieillard, il alla lui-même passerquelques heures à côté de son lit. 11 prit ses mains dans lessiennes « en tenant sur ses genoux, dit Füss, un petit-fils d’Euler » que ses dispositions précoces pour la géométrie avaient rendu» l’objet particulier de sa tendresse paternelle. « Il était biennaturel qu’ayant fait tant d’élèves dans l’académie de Saint- Pétersbourg et ailleurs, Euler en fît quelques-uns aussi dans safamille.
Il n’avait eu garde de négliger ses deux fils, dont l’aîné, pour-suivant la même carrière scientifique, était déjà célèbre, tant parses pi'opres ouvrages, que par la grande part qu’il avait eue auxderniers travaux de son père. Ce fils aîné, Jean-Albert Euler,avait dû à son mérite précoce de pouvoir être employé, dès l’âgede quinze ans, aux travaux entrepris pour le nivellement ducanal de Finlande . A vingt ans, il était -nommé membre de1 académie de Berlin , qui lui confia la direction de son observa-toire. En 1761, il partageait avec Bossut le prix proposé parl académie des sciences de Paris, sur cette question : déterminer lacharge que peut porter un navire. Jean-Albert remporta encorebeaucoup d autres prix dans les académies de Saint-Pétersbourg ,de Munich et de Gœttingue .
Le second fils d’Euler étudia la médecine, et s’v distinguaassez pour être nommé médecin de la cour de Russie et conseillerdu collège.
Quant au cadet, celui que le roi de Prusse avait voulu retenir,parce qu’il servait dans ses armées, il continua sa carrière mili-