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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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140 . SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

taire en Prusse, et y fit même un assez beau chemin. Il obtint legrade de lieutenant-colonel dartillerie et la place de directeur dela manufacture darmes établie à Sisterbek.

Euler , qui avait trouvé à marier honorablement ses deux filles,eut la douleur de les perdre. Ce fut encore pour lui une grandeaffliction; mais du moins, il pouvait se consoler en voyant queles enfants qui restaient étaient heureusement pourvus et déjàen possession dune nombreuse progéniture.

Dans les premiers jours de septembre 1783, Euler eut quelquesvertiges. Il ne crut pas pour cela devoir quitter le travail dont ilétait occupé, et qui consistait à calculer les mouvements desaérostats, dont linvention, alors récente, occupait toutes lestêtes. Daprès le peu de données que les journaux lui avaientfournies, il vint à bout de déterminer la courbe de ce mouvementpar une intégration difficile, que ce calcul nécessitait.

Le 7 septembre 1783, il se mit à table avec sa famille. Il avaitce jour- pour convive M. Lexell, savant qui lui prêtait le secoursde ses yeux pour ses travaux, depuis quil avait perdu la vue. Ilssoccupaient ensemble de la planète dHerschell et des calculsquil faudrait faire pour déterminer son orbite. Après le repas, levieillard se fit amener son petit-fils, et se mita jouer avec lui, enprenant une tasse de thé. Tout à coup, la pipe quil tenait, tombade sa main : «Je meurs! » sécria-t-il. Cétait une attaque dapo-plexie foudroyante.

Et pour emprunter à Condorcet deux mots qui résument tout :« Euler cessa de calculer et de vivre. »