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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LES TROIS BERNOUILLI

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illustres frères, nous nous bornerons à cette remarque générale.

Jean nétait pas plus que Jacques destiné par sa famille a lacarrière des sciences. Il naquit à Baie, le 27 juillet 1667. Sesétudes terminées, on lavait envoyé à Neufchatel, pour y apprendrele commerce. Mais lamour des sciences, et sans doute un peuaussi lexemple de son frère, déjà célèbre et en possession, àBâle , dune chaire, autour de laquelle se pressait un nombreuxauditoire de jeunes gens, le détournèrent du négoce, qui donnequelquefois du profit, mais jamais de gloire. Ses parents ne firentpas, dailleurs, de grands efforts pour contrarier son inclination.

Après une année de séjour à Neufchatel, il avait beaucoupappris le français , mais peu ou point de commerce, il se fitrecevoir bachelier en philosophie.

Lannée suivante il obtint le grade de maître-ès-arts, et pro-nonça, dans cette circonstance, un discours en vers grecs sur cettethèse politique : Les princes sont faits pour leurs peuples.

Ce discours composé en vers grecs peut sembler bizarre; maisil faut y voir la preuve que lenseignement classique donné versla fin du xvii c siècle, dans la ville de Bâle , même aux enfantsquon destinait au commerce, nétait pas jugé dautant meilleurquil était plus court. Cette dernière manière dentendre linstruc-tion de la jeunesse était réservée à la France de nos jours.

Jacques Bernouilli avait été frappé de lintelligence précoce deson jeune frère. Nous avons déjà vu quil sétait chargé de soninstruction dans les sciences mathématiques. Il remplit cettetâche avec dautant plus de zèle, quil voyait dans ce jeune hommeun futur compagnon de ses travaux, capable de laider bientôt àperfectionner une science à laquelle il avait donné sa vie. Guidépar un tel maître, Jean se mit à lire tous les ouvrages les plusdifficiles en mathématiques. Il les comprenait si bien et si vitequune telle étude lui semblait plutôt un amusement quuntravail.

Cependant les mathématiques ne loccupaient pas exclusive-ment. *11 menait de front, avec leur étude, celles de la médecineet de la physique, qui, à cette époque, ne faisait pas encore unescience bien distincte de la chimie.

Comme le phénomène chimique de la fermentation lavaitfrappé, il chercha à en découvrir la cause. Les savants duxviL e siècle sétaient fait de ce phénomène une idée toute méca-