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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

nique, puisée dans les idées de Descartes . Us lattribuaient aumélange des acides et des alcalis, deux sortes de molécules, dontles unes présentaient, disaient-ils, la forme de pointes, tandis queles autres étaient percées dune quantité infinie de pores. Lespointes pénétrant dans les pores, mettaient obstacle au cours de lamatière subtile, qui dès lors, pour reprendre sa liberté, agitaitle corps dans tous les sens ! Voilà un échantillon des idées géné-rales de la chimie au xvm e siècle.

Jean Bernouilli entreprit de réformer ce système, mais il engarda la bonne moitié. Il laissa subsister les molécules contraires,les acides et les alcalis ; seulement il les conçut comme étant rem-plies dun air condensé, qui, au moment les molécules opposéessinsinuent les uns dans les autres et se brisent en se heurtant,se dilate, par leffet de son élasticité, et se manifeste au dehors,en produisant une infinité de bulles à la superficie du liquide.

De pareilles conceptions feront sourire les chimistes de nosjours.

Quoi quil en soit de lexplication théorique, les expériencesauxquelles Jean Bernouilli se livra pour létablir, ne furentpas perdues pour la science. Bernouilli avait reconnu que lespremières bulles qui se dégagent de leau chauffée, ne sontque de lair, et que les poissons ne peuvent pas vivre dans leaubouillie, parce que, pour vivre, ils ont besoin de respirer, commetous les autres animaux. Il avait reconnu que tout en étant plon-gés dans leau, les poissons ne respirent véritablement que de lair,car cet air est séparé du liquide au moyen de leurs branchies.Notons, en passant, que cette découverte fut attribuée plus tard, àgrand tort, à dautres observateurs, tels que Sennebier, Spallan-zani, voire même, de nos jours, Provençal.

Jean Bernouilli constata encore lexistence dun gaz dans lacraie; il réussit à recueillir ce gaz en faisant plonger dans un petitbassin, à moitié plein dune liqueur acide, une éprouvette rempliede cette liqueur, et ayant son extrémité renversée dans la cuvette.Lappareil ainsi disposé, il introduisit dans le bout intérieur etouvert de léprouvette un morceau de craie, et il vit aussitôt,par suite de la décomposition de la craie, provoquée par lacide, sedégager une infinité de bulles gazeuses, qui chassèrent leau deléprouvette, pour prendre sa place.

Par une autre expérience quil fit sur la poudre à canon, Jean