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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Bernouilli, son père, ne songeât nullement à faire de lui unmathématicien? On se rappelle que lui et son frère aîné avaientété destinés au commerce, et quils avaient tous les deux résistéaux vœux de leurs parents. Cétait aussi la profession commercialeque Jean Bernouilli voulait donner à son fils Daniel, comme pourlui fournir loccasion de résister à son tour aux vues paternelles.Cest ce qui ne manqua pas darriver : Daniel dédaigna la bou-tique. « Ses yeux, dit poétiquement Condorcet, étaient accoutumés» dès lenfance à léclat de la gloire, et on ne put le résoudre à» les abaisser sur la fortune. »

Cependant on voulait que Daniel prît une profession moinsflottante, moins hasardeuse, que celle de savant, qui nen est uneque par exception. On le tourna vers la médecine, et le jeunehomme sy prépara avec assez de bon vouloir. La médecine est,en effet, une profession libérale dans laquelle on nentre quaprèsdes études qui répondaient au goût et au génie de ce studieuxjeune homme.

Pendant que Daniel Bernouilli se préparait à la médecine, sonpère Jean Bernouilli ne laissait pas de lui donner quelquesbonnes leçons de mathématiques, et nous croyons quil lui eûtété impossible de ne pas le faire. Cétait une conduite toutenaturelle de sa part,.bien quun peu inconséquente, daprès sondésir de vouer son fils à la médecine ou au commerce.

Daniel avait de très-belles dispositions pour toutes les sciences,y compris les mathématiques, dans lesquelles son oncle et sonpère sétaient illustrés. Et pourtaut son père trouvait toujoursquelques bonnes raisons dêtre mécontent de lui. On racontequun jour, pour essayer les forces de Daniel, encore enfant, illui proposa un petit problème. Lenfant lemporte dans sa cham-bre, lexamine, le résout, et revient, palpitant de joie, le montrer àson père. Il sattendait à des éloges; il ne reçut que ce sec com-pliment : « Eh 1 ne devais-tu pas lavoir résolu sur-le-champ? »

Cette réponse et le geste qui laccompagnait, consternèrent lepauvre enfant. Jamais le souvenir de ce premier chagrin ne seffaçade sa mémoire.

Si lon rapproche de ce trait de lhumeur de Jean Bernouilli,quelques-uns de ses procédés envers son frère Jacques, qui lavaitélevé, on sera forcé de convenir que ce savant pouvait aimer lajustice, faire lhonneur de lhumanité et de la Suisse , comme le