L’ignorant l’entendit, le savant ladnriia.
Ce vers de Voltaire caractérise avec'une heureuse précision leprincipal mérite de l’homme dont nous allons raconter la longuevie. Mais il y a deux mérites, ou pour mieux dire, il y a deuxhommes réunis dans Fontenelle , le bel esprit et le savant. C est lepremier qui apparaît d’abord, et lorsqu on peut cioire qu il vadominer exclusivement, il ne fait en réalité que préparer 1 autre.D’ailleurs, chez Fontenelle, -le savant et le bel espiit se fondent etse combinent intimement, de manière à composer un tout très-riche et singulièrement original, à une époque où cette alliance dela science et des grâces littéraires était regardée comme impossible.
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Bernard le Bouyer{\) de Fontenelle, naquit à Rouen le 11 fé-vrier 1657. Son père d’une ancienne et noble famille, originaired’A.lençon, exerçait à Rouen la profession d’avocat, avec plusd’honneur que de célébrité, disent les biographes, ce qui donne
(1) Et non Le Bouvier. Nous donnons ici le nom tel qu’on le trouve écrit dans lcontrat de mariage du père de Fontenelle. s le
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