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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

lidée dun homme assez ordinaire. Sa mère sappelait MartheCorneille, et elle était la propre sœur des deux poètes qui ontillustré ce nom. Cétait une femme vraiment distinguée, et de beau-coup desprit, nous dit Fontenelle lui-même, qui ajoute : « Je luiressemblais, et je me loue en le disant. »

Fontenelle aimait donc beaucoup sa mère, et de plus il en étaitfier. Il létait aussi de sa parenté avec lauteur du Cid. Du reste,on ne connut jamais dautre vanité à Fontenelle, et il ne fait quese rendre justice quand il dit de lui : « De tous les titres de ce» monde, je nen nai jamais eu que dune espèce, des titres» dacadémicien, et ils nont été profanés par aucun titre plus» mondain et plus fastueux. » Dédaignant toute espèce dhon-neurs, comme le prouva sa vie entière, Fontenelle ne pouvait êtreindifférent à lillustration littéraire quil trouvait dans sa famille,et quil était destiné à continuer.

Le fils de Marthe Corneille eut pour parrain son oncle Thomas Corneille , plus jeuneque lauteur des Horaces de près de vingt ans.Il reçut le prénom de Bernard, parce quil était dans le voisi-nage dun couvent de Feuillants, et que ces religieux étaient desBernardins. Il fut même voué à la Vierge et à saint Bernard, etporta la robe de Feuillant jusquà lâge de sept ans, suivantlusage, qui était alors assez répandu, de faire revêtir aux enfantslhabit de quelque ordre religieux.

Parvenu à cet âge, Bernard fut confié aux Jésuites de Rouen ,dans la même maison avait été déjà élevé Pierre Corneille . Ily fit de très-brillantes études, et sans doute il sv distingua aussipar dautres mérites.

On sait que les Jésuites ont lhabitude décrire, à côté du nomde chaque élève, une note, qui est, en quelque sorte, un portraitou un jugement. La note qui concerne Fontenelle, était ainsi con-çue : Adolescens omnibus partibus absolutus , et inter discipulos prin-ceps (jeune homme accompli à tous égards et le premier de sa classe ).Un peu différente était la note quun autre homme célèbre dumême siècle, Crébillon, méritait, quelques années plus tard, chezles Jésuites de Dijon : Puer quidem ingeniosus, sed insignis nebulo(enfant plein desprit, mais franc polisson).

A cette époque, les Jésuites composaient beaucoup de palinods.Cétaient des espèces dhymnes sur des sujets religieux ou mo-raux, quelquefois léloge dun personnage connu, pris comme