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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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FONTENELLE

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type de la vertu ou de la qualité par laquelle il se recommandait leplus. Tous ces petits poèmes étaient écrits en latin. Le jeune Fon-tenelle sexercait à les traduire en vers français , et de temps entemps, il en composait luimeme en latin, et avec succès. Celuiquil lit à 1 âge de treize ans, sur Y Immaculée Conception, transportadadmiration ses maîtres. Labbé T rublet lui-même, dont le juge-ment est plus désintéressé, nous signale cette composition commedigne de mémoire. Lieu nous garde d en contester le mérite, maisnous avons hâte de voir Fontenelle dans une gloire moinsobscure.

Quand lélève des Jésuites eut achevé sa physique, science qui fai-sait alors partie des cours de philosophie, il commença à étudierle droit, par déférence pour son père, qui, à lexemple de la plu-part des pères, ne comprenait pas pour son fils de profession plusconvenable que la sienne. Fontenelle poussa même la docilitéjusquà se faire recevoir avocat. 11 exerça ce métier juste le tempsnécessaire pour perdre sa première cause.

Cette satisfaction étant accordée aux exigences paternelles, onle tint quitte, et dès lors notre jeune homme put se livrer sans con-trainte à la littérature et à la philosophie, entre lesquelles devait separtager sa vie.

Ses premiers essais littéraires, quand il eut renoncé aux pali-nods , étaient empreints dun certain esprit dindépendance. Fon-tenelle était libertin, ce qui, dans le langage du temps, équivalaità notre mot de libre penseur. Cette manière de voir les choses étaitdiversement appréciée autour de lui. Il ne nous apprend pas lui-même ce que pensait Monsieur son père, en trouvant dans sa mai-son un libre penseur aussi précoce, mais il nous le laisse deviner.11 est plus explicite sur sa mère.

* Mon père, dit Fontenelle, était une bête (sic), mais ma mère avaitbeaucoup desprit; elle était quiétiste; cétait une petite femme douce,qui me disait souvent : « Mon fils, vous serez damné. » Mais cela nelui faisait pas de peine. »

Il est bon de remarquer ici que lesprit philosophique deFontenelle ne lui fit pas perdre lamitié des Jésuites , tant il savaitdà mettre dadresse et de mesure dans lexpression de ses idées.STI y a des dons innés dans lesprit, comme le veulent les philo-sophes de lécole de Leibniz , il faut reconnaître que celui de Fon -