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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

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Il y a neuf couplets sur ce ton. Cest un acharnement quine se conçoit guère de la part de Racine, contre le coupdessai dun jeune homme de vingt-deux ans. Aspar étaitune mauvaise tragédie, personne ne le contestait; mais Racinedevait-il oublier que sa pièce de début, les Frères ennemis , na-vait pas fait meilleure figure au théâtre? Ce nest pas toutencore : le pire, cest davoir excité un autre grand poète,son ami Boileau , contre le jeune et infortuné débutant, dequi lœuvre, plus ou moins sifïlable, ne soulevait dailleurs au-cune question littéraire de quelque importance ; car la fameusedispute sur les Anciens et les Modernes, dans laquelle Fonte-nelle prit parti contre Racine et Boileau , ne surgit que plusieursannées après.

Pierre Corneille avait longtemps régné sans partage sur la scènetragique. Le Cid, Horace et Cinna avaient été applaudis avant lanaissance de Racine. A lépoque dont nous parlons, Racine,devenu grand poète à son tour, était, sans contredit, le premierde tous ceux qui travaillaient pour le théâtre; mais il néclipsaitpas le rival illustre que la vieillesse condamnait au repos.Chacun deux avait ses partisans enthousiastes, et comme cela sevoit toujours, plus exclusifs queux-mêmes. Trop souvent com-parés, et si on peut le dire, ballottés, les deux grands hommesne pouvaient plus avoir lun pour lautre une admiration tout àfait exempte de jalousie. Racine, du moins, laissa soupçonner enluLce dernier sentiment. On pensa communément que ce nétaitpas contre un jeune homme, la veille encore presque ignoré, contrece nouveau venu de la Normandie , quil se mettait en frais dépi-grammes et de couplets injurieux, et que probablement, encette circonstance, le neveu souffrait pour expier la gloire deloncle.

Après la chute d 'Aspar, Fontenelle retourna, en effet, à Rouen ,comme le dit la chanson de Racine. Mais, au bout de deuxans, il en revenait avec un autre ouvrage. Cétaient les Dialoguesdes morts, écrit agréable, et qui commença la véritable réputationde lauteur.

Ce que nous trouvons de plus digne de remarque dans ces Dia-logues, cest que la littérature sy montre déjà philosophique, cequi ne se verra généralement que dans les ouvrages du siècle sui-vant. Ajoutons que Fontenelle venait de sy montrer lui-mêine