Buch 
5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
Entstehung
Seite
191
JPEG-Download
 

LINNÉ

191

à disposer pour lui-même dun petit coin de terre, dans lequel ilmit un échantillon de tout ce quil voyait dans le jardin paternel.

A sept ans, on le plaça chez linstituteur Télander, qui étaitpeu en état de diriger son éducation. Trois ans après, on lenvoyaà l'école élémentaire de Wexio.

Livré à des maîtres grossiers, il prit un profond dégoût pourlétude, mais il aurait pu facilement nommer toutes les plantes quicroissaient sur la route de Stenbrohult à Wexio, dont létendueest dune lieue.

En 1724, le jeune Linné quitta les classes élémentaires, etentra au gymnase. Il y passa cinq années. Des désagréments etdes dégoûts lempêchèrent dy faire beaucoup de progrès danslétude des lettres et de la philosophie ; mais il était toujours undes premiers en mathématiques et en physique.

Il avait déjà su se procurer plusieurs ouvrages de botanique. Iiles feuilletait nuit et jour, et les apprenait par cœur. Ses maîtreset ses camarades, qui ne soccupaient guère que de théologie,sétonnaient dun goût si dominant et si exclusif pour une sciencequi nexistait pour ainsi dire pas encore Ils ne lappelaientjamais autrement que « le petit botaniste. »

Vers 1727, le père de Charles vint à Wexio, pour sassurer desProgrès de son fils. Les professeurs lui déclarèrent que cet enfantnétait point pour les sciences, et quil fallait lui donner unmétier. Douloureusement affecté, le père, avant de prendre cepénible parti, alla consulter le docteur Rothmann, médecin àWexio, lun de ses bons amis.

Celui-ci eut heureusement une meilleure opinion du jeuneélève. Il rassura le père sur les facultés de son fils. Danss on opinion, Charles était de tous ses camarades, celui qui donnaitle plus despérances, Rothmann ajouta quà défaut dun bon ecclé-siastique, il pourrait un jour devenir un médecin de quelquemérite. Il offrit même de le prendre chez lui, et de faire les frais desou éducation pendant une année, après laquelle Charles pourraitse rendre à luniversité de Lund , pour y terminer ses études.

Les parents acceptèrent cet arrangement. Rothmann prit doncchez lui le jeune Charles Linné . Il lui enseigna les éléments dessciences naturelles, et le dirigea dans ses études botaniques.

On lit dans presque .toutes les biographies de Linné , que son père,désolé de linaptitude que les professeurs avaient cru rencontrer