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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LAVOISIER

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pas amenées , sétaient produites jusque- sous linspirationdes préceptes de lart hermétique. A peine par intervalles, quel-ques hommes de génie, appartenant à lépoque de la Renais-sance ou au commencement du xvn e siècle, avaient élevé leurvoix contre lentraînement de la doctrine qui égarait toutes lesintelligences de lEurope . Léclair de ces vérités inutiles étaitvenu séteindre dans les ténèbres de lignorance universelle.Enfin, dans les premières années du xvn e siècle, grâce au géniedes Robert Boyle , des Van Helmont , des Nicolas Lefèvre, des-mery, séleva une chimie plus sérieuse. Lempirisme alchimiquese trouva alors frappé au cœur. Si, longtemps encore, les pratiquesde lalchimie furent poursuivies dans lombre, ce ne fut désormaisque leffet dune persistance individuelle, sisolant opiniâtrémentdes notions généralement professées, et privée de tout appui scien-tifique.

Tel était létat de la chimie à lépoque Stahl apparut.

G.-Ernest Sthal, qui vivait à la cour de Berlin vers 1716, estun des plus rares esprits qui aient illustré les sciences. Une des-tinée bizarre attendait ce grand homme : il était appelé à produiredans la chimie et dans la médecine,à la fois, une révolution inat-tendue, et par une fatalité singulière, l'honneur de ce doubletriomphe devait lui être ravi. Sa doctrine physiologique, modifiéepar Barthez et plus tard par Bichat et son école, allait produire, àtravers bien des fortunes diverses, une réforme profonde dans les-prit des idées médicales. En chimie, soir système, simplementretourné par Lavoisier , allait mener tout droit à notre science ac-tuelle. Ainsi, toujours son génie malheureux devait tendre aubut sans le loucher, toujours sengager dans la voie certaine etségarer à lissue. Stahl était dun caractère mélancolique, tournantà la contemplation et au mysticisme. Avait-il comme 'une révéla-tion secrète des destinées que lavenir réservait à ses concep-tions?

Stahl créa le premier un système de chimie. Il rendit ainsi àla science naissante un service dont limportance et létenduenont jamais été assez hautement proclamées. Avant lui, nullesrègles précises universellement reconnues, linterprétation des laitsenfermée dans le cercle dun mysticisme obscur, ou dominée parlinfluence métaphysique ; les faits épars, disparates, incohérents;nul lien commun ne permettant de rattacher lun à lautre ces