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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

faits et ces explications partielles, aucune de ces grandes vuesauxquelles lesprit aime à sélever pour embrasser lensemble etla diversité des choses. Cest alors que rassemblant tous les faitsacquis par lexpérience des siècles, Stahl parvint à saisir leursressemblances réelles, à effacer leurs analogies apparentes, àdécouvrir leurs rapports naturels. Ces rapports furent, dailleurs,si sûrement établis, que plus tard, quand les vues théoriquesfurent changées, ils subsistèrent sans altération. Enfin, le prin-cipe essentiel de son système fut si nettement et si clairementétabli, que, présentant un but toujours saisissable aux progrèsde la controverse, il dut par hâter singulièrement lavéne-ment dune doctrine opposée.

Dans une science qui se forme, les systèmes, même les plus im-parfaits, ont cela de bon quils hâtent larrivée de la théorievéritable. Stahl est le créateur de la chimie, parce que, le premier,il la réduisit en système.

La doctrine de Stahl, en dégageant la chimie de linfluencede lalchimie, apporta dans cette science une réforme en touspoints correspondante à celle que Descartes avait accomplie dansla physique de son temps. Descartes avait ramené la physique àson terrain naturel. Dans tous les grands phénomènes de luni-vers, Keppler lui-même navait osé reconnaître que linfluenceocculte des âmes; Descartes , le premier, y plaça lidée simpledun mécanisme. En même temps, il émit, avec sa théoriedes tourbillons, un système qui rattachait ensemble presquetous les faits du monde physique. Le système des tourbillons deDescartes et le système de phlogistique de Stahl, qui agitèrent sivivement les esprits, au xvn e siècle, se confondent à la fois par leurorigine, par leur essence philosophique, et par leur influenceprofonde sur le développement postérieur des sciences. Elles si-gnalent dans lesprit humain une marche uniforme, et marquentdans lhistoire de ses progrès une période identique. La théoriedes tourbillons prépara et rendit possible celle de lattraction ; lathéorie du phlogistique provoqua et nécessita la doctrine chi-mique actuelle. Dans le monde intellectuel, Descartes est lin-troducteur de Newton , comme Stahl est lintroducteur deLavoisier .

Peu de mots vont suffire pour donner une idée assez complètede la doctrine chimique de Stahl. Elle est, en effet, dune remar-