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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
chaleur suffisant, le combustible donne lieu à un dégagement dechaleur et de lumière, et des produits nouveaux prennent nais-sance. Dans l’hypothèse deStahl, ces phénomènes s’expliquent endisant que le phlogistique qui fait partie de la substanee, s’en dé-gage, et laisse apparaître, au moment où il devient libre, la lumièreet la chaleur qui le caractérisent. Les produits nouveaux quirestent comme résidus de la combustion sont des corps privésde phlogistique.
Quand un métal est chauffé au rouge, il change, en général, denature et d’aspect. Le fer donne naissance à la matière connuesous le nom de rouille ; le cuivre a un produit noir et pulvérulent.Comment s’interprétait ce phénomène dans la théorie de Stahl ?Les métaux, disait-on, sont formés par l’union du phlogistiqueavec une matière terreuse, que l’on appelait chaux ou terre métal-lique. Le fer, par exemple, contient dn phlogistique et de larouille ou terre de feu. Quand on chauffe ce métal au contact del’air, le phlogistique s’en dégage, en produisant une incandes-cence très-vive ; il reste la rouille, substance simple et dépouilléede phlogistique.
Les chaux, ou ce que nous nommons aujourd’hui les oxydesmétalliques, chauffés avec du charbon ou des matières combusti-bles, font apparaître le métal. Dans la théorie de Stahl, le faitétait fort simple ; le charbon porté au rouge abandonnait sonphlogistique, la chaux métallique s’en emparait, et repassait ainsià l’état de métal.
Les composés que nous appelons aujourd’hui oxydes à diversdegrés d’oxydation, étaient des matières inégalement dépouilléesde leur phlogistique.
Il est facile de le reconnaître, nos explications théoriques ac-tuelles sont tout simplement le contre-pied des théories de Stahl.Autrefois la combustion était regardée comme le dégagement d’unprincipe particulier ; aujourd’hui nous y voyons la fixation d’uncorps nouveau. La calcination des métaux était, du temps deStahl, une opération d’analyse ; nous y voyons, nous, une syn-thèse. Les métaux étaient de corps composés; nous disons au-jourd’hui que les métaux sont des corps simples.
Tels sont les fondements généraux de la théorie du phlogistique,quenous ne suivrons pasdans ses développements, mais qui, entreles mains de Stahl, rendait compte de tous les faits observés. Lisez