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quable simplicité, et ce fut à cette qualité même quelle dut sarapide fortune.
Stahl rejette les éléments des chimistes du moyen âge; il regardecomme principes de tous les corps, l’eau, la terre et le feu. Ajoutezl’air, comme le firent, peu de temps après, ses disciples, et vousavez les quatre éléments d’Aristote , qui, après dix-neuf siècles,reparaissent dans la science (1).
L’élément du feu, ou le phlogistique , joue, dans la doctrine deStahl, le rôle essentiel. Le phlogistique est la matière du feu. Ilexiste, à l’état de combinaison, dans tous les corps combustibles.Dans les circonstances ordinaires, il ne trahit sa présence par au-cun phénomène apparent; mais vient-on à chauffer fortement lescorps qui le contiennent, le phlogistique brise les liens qui lefixaient; il devient libre et manifeste, au moment où il se dégage,la lumière et la chaleur qui constituent son essence. Tous les corpscombustibles sont donc formés de phlogistique et d’une autresubstance, variable selon les espèces. Le charbon, le soufre, lesgraisses, le phosphore, sont les matières qui contiennent le plusde phlogistique ou de feu combiné.
Avec cette simple hypothèse, Stahl rendait compte de tous lesgrands phénomènes chimiques. Ainsi la combustion, les altéra-tions chimiques qu’éprouvent les métaux et leurs composés, s’ex-pliquaient avec la plus heureuse simplicité.
Que se passe-t-il dans la combustion des matières organiques,dans la combustion du bois par exemple ? Porté à un degré de
(i) Il est de mode aujourd’hui de parler avec mépris de la doctrine des quatreéléments d’Aristote . C’est un lieu commun d'érudition facile, et nos auteurs de chi-mie n’ont rien laissé à désirer sous ce rapport. Il serait sage cependant d’y regarderde près avant de traiter du haut de notre science actuelle le plus vigoureux géniede l’antiquité. Peut-être arriverait-on à reconnaître ainsi que, ce principe tant décrié,a suffi pour donner aux sciences physiques leur première impulsion.
Lorsque, développant une pensée de Platon , fort obscure dans le Timèc, Aristote déclara que tous les corps de la nature sont formés par l’union des quatre principesélémentaires, il voulut couper court aux subtilités philosophiques qui remplis-saient les écoles grecques. Avec la pluralité des éléments il arrêtait les discussionsinintelligibles sur l’essence de la matière, et il échappait aux discussions de Thalèset d’Héraclite qui, avec la plupart des philosophes de leur temps, n’adinettaientqu’un seul élémeut, et ne discutaient que sur le choix du principe. Il forçait ainsi laphysique à descendre des nuages où elle se perdait depuis l’origine des spéculationsphilosophiques. Depuis Aristote , la nature des éléments admis a changé bien des fois;mais si les mots ont passé, le principe dure encore. La chimie de tous les temps avécu sur la conception du philosophe grec.
Ajoutez ce fait qui peut donner à réfléchir : la chimie fut édifiée le jour où Stahlreprit les éléments d’Aristote .