455
tendait à soulever les corps. Plus tard, les chimistes rapportaientle fait de l’augmentation de poids des métaux calcinés à l’air,à la réflexion, sur le métal, d’une suie dégagée des charbons.Enfin, le plus souvent, les chimistes voyaient dans ce mêmephénomène la fixation sur les métaux des particules du feu.
Le fait de l’augmentation de poids des métaux par leur calcina-tion à l’air, c’est-à-dire l’étude de la combustion, fut l’objet despremières recherches de Lavoisier . Dans deux mémoires publiés en1774, il montre que dans toute combustion, et par exemple, dansla calcination des métaux, un gaz provenant de l’air, se combineavec le corps brûlé (1),
Mais il fallait reconnaître la nature du gaz qui se combineavec les métaux, et c’est ainsi que Lavoisier fut amené à la décou-verte de l’oxygène.
Dans son travail célèbre sur la nature du principe qui se combineavec les métaux pendant la calcination, il montra que ce gaz faitpartie de l’air, et qu’il est le seul propre à entretenir la respirationdes animaux ; il l’appela en conséquence air vital, nom qui futremplacé ensuite par celui de gaz oxygène. Priestley faisait presqueen même temps, à Londres , la découverte de l’oxygène, et mêmel’on s’accorde généralement à .lui en attribuer la priorité. Lepharmacien Baumé avait même déjà retiré ce gaz de l’oxyde demercure traité par la chaleur. Mais Baumé n’avait pas bien sudistinguer la nature de ce gaz. Quant à Priestley , il n’avaitencore tiré aucun résultat sérieux de la connaissance de ce nou-veau corps. Au contraire, Lavoisier , à peine en possession del’oxygène, allait marcher, grâce à l’étude approfondie de sespropriétés, vers la plus brillante série de découvertes que lessciences aient enregistrées.
Lavoisier ne tarda pas, en effet, à montrer quelle importanceextraordinaire s’attachait, pour l’avenir de la chimie, à cet oxy-gène, à cet air vital, qu’il venait de découvrir au sein de l’atmos-phère. C’est que, dans les vues de la nature, le rôle de ce corps estimmense. Actif dans les grands phénomènes du globe, il préside àpresque toutes les réactions dont le jeu s’accomplit au sein de la
(1) ÿfémoire sur la combinaison d'un fluide élastique avec les substances métalli-ques par la calcination. (Opuscules physiques et chimiques, t. VI.) Mémoire sur la cal-cination de l’étain et sur la cause de l’augmentation de poids qu’acquiert ce métajpendant cette opération. (Mémoires de l’Académie des sciences , 1774.)