L A.VOISIER
469
dispositions opératoires de Lavoisier ; mais le principe de laméthode d’analyse des matières organiques n’a pas été changé.
Son travail sur la fermentation appartient aussi à cette dernièrepériode. C’est là qu’il établit, de la manière la plus rigoureuse,quelle transformation éprouve le sucre sous l’influence du fer-ment, et qu’il démontre que l’alcool et l’acide carbonique, quiprennent naissance aux dépens du sucre, correspondent exacte-ment au poids du sucre lui-même. Et il ne faut pas se faire illu-sion, la question en est encore à peu près au point où Lavoisier •l’a laissée.
Dans l’exposition des travaux de Lavoisier , nous n’avons puenvisager encore que ses recherches en chimie. Nons devons direun mot de ses travaux en physique.
Lavoisier nous a laissé une étude admirable de la chaleur,aussi remarquable par la netteté des résultats, que par la nou-veauté des points de vue.
Son travail sur les chaleurs spécifiques, exécuté en 1780, avecLaplace, est resté un modèle de précision et d’originalité. C’estle premier que la science ait possédé sur ce sujet délicat.
Enfin, profitant des idées et des travaux deCrawford, Lavoisier •étudia avec un soin infini les chaleurs latentes, et on peut direà cet égard qu’il a épuisé la question (1).
Ses recherches en physique se bornent à peu près à ces travauxqui, en établissant des résultats empruntés à un ordre de faitsnouveaux, concouraient à compléter sa doctrine chimique, aveclaquelle ils s’harmonisent parfaitement.
Par ces dix années de travail infatigable, par cette admirablesérie de recherches, Lavoisier avait successivement attaqué toutes
(1) Peut-être même aurait-on le droit de regretter que Lavoisier ait si particu-lièrement fixé son esprit sur des phénomènes de cet ordre. C’est là évidemment qu’ila puisé son explication générale de la cause de la chaleur dans les combinaisons chi-miques. On sait qu’il attribue la chaleur qui prend naissance dans les combinaisonschimiquesau seul changement d’état des corps. Or cette idée n’a pas longtemps résistéaux progrès de l’observation, et Lavoisier l’aurait certainement abandonnée lui-même, si le temps lui avait permis de reprendre, comme il l’avait annoncé, l’étudegénérale du calorique latent et de la cause du dégagement de chaleur pendant lescombinaisons chimiques.