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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

les grandes questions de la chimie, et il avait éclairé tous ces faitsde la manière la plus vive. Dans ce long intervalle, il navait pro-noncé quune fois le nom du phlogistique, se bornant à mon-trer que les faits pouvaient sexpliquer sans son intervention.Mais rien maintenant ne justifiait plus sa réserve, et il fallaitentraîner, par une discussion ouverte, les convictions qui com-mençaient à fléchir. Cest alors quil publia ses Réflexions sur lephlogistique, dont leffet fut décisif.

Il faudrait pouvoir citer dans son entier cet écrit mémorable,ce chef-dœuvre de logique. On y trouverait un exemple du stylede Lavoisier , ce style simple, ferme et grave, élégant malgrétout et qui seul convient à la science.

Lavoisier commence par rappeler, en quelques mots, lensemblede ses découvertes antérieures ; il ajoute ensuite :

1 Mais si tout sexplique en chimie dune manière satisfaisante,sans le secours du phlogistique, il est par cela seul infiniment pro-bable que ce principe nexiste pas; que cest fin être hypothétique,une supposition gratuite : et, en effet, il est dans les principes dunebonne logique de ne pointmultiplierles êtres sans nécessité. Peut-êtreaurais-je pu men tenir à ces preuves négatives, et me contenter da-voir prouvé quon rend mieux compte des phénomènes sans phlogis-tique quavec le phlogistique ; mais il est temps que je m expliquedune manière plus précise et plus formelle sur une opinion que jeregarde comme une erreur funeste à la chimie, et qui me paraît enavoir retardé considérablement les progrès par la mauvaise manièrede philosopher quelle y a introduite. »

Il rend alors une éclatante justice aux découvertes de Stabl,et rappelle tout ce que la science a reçu des travaux du patriarchede la chimie.

Mais ce nétait plus aux pures idées de Stabl que Lavoisier avait affaire. Comme nous lavons dit en commençant, tous les'chimistes avaient façonné à leur usage lantique doctrine ; deune multitude dephlogistiques , qui navaient de commun quele nom et le secret de rester invisibles à tous les yeux. Lavoisier expose donc toutes ces interprétations nouvelles; il les discutesuccessivement, et chacune delles vient tomber à son tour sousles coups de son inflexible logique. Il sécrie enfin :

Toutes ces réflexions confirment ce que jai avancé, ce que javais