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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÉME SIÈCLE

dun jour effrayant; il est intitulé : Rapport sur létat des financesau 1 er janvier 1792, par un député suppléant de lassemblée consti-tuante.

En 1791, il fit connaître une partie de ses vues sur léconomiepolitique, en publiant son traité de la richesse territoriale de laFrance , dont lassemblée constituante décréta limpression auxfrais de lÉtat. Ce petit résumé est un modèle véritable de la clartéet de la précision avec lesquelles il convient de présenter les con-sidérations déconomie publique. Ce nétait pourtant que lébauchedun grand ouvrage dont le plan était disposé, les matériaux dis-tribués, et quil devait faire paraître plus tard.

Lacadémie des sciences le désigna, en 1792, comme lun desmembres de la commission qui soccupait de créer le systèmemétrique actuel applicable tout à la fois aux poids et aux mesures.Lavoisier prit une grande part aux premières recherches de cettecommission célèbre, car il trouvait une occasion brillante dap-pliquer son talent si remarquable pour les expériences de physi-que, et de mettre à lépreuve la rectitude et la sûreté de sonjugement. Nul doute que sil eût assez vécu pour voir mener àfin cette belle entreprise scientifique, il neût suggéré des moyensplus faciles de répandre dans le vulgaire le système nouveau,trop enopposition, à cette époque, avec les habitudes nationales.

Mais il nétait pas réservé à Lavoisier de consacrer plus long-temps son existence au service de son pays. Les événements quidevaient si tristement en précipiter le terme, arrivèrent au moment il soccupait à publier la collection complète de ses mémoires.On commençait, en effet, parmi les savants, à perdre un peu devue le souvenir de ses créations scientifiques; et sa doctrine,désignée alors sous le nom de doctrine des chimistes français , sem-blait, en confondant le nom de linventeur avec ceux des chimistesde son école, lui enlever en partie la gloire de son œuvre.Linjustice était grave, et il sy montra sensible :

« Cette doctrine, écrivait-il en 1793, nest pas, comme je len-« tends dire, la doctrine des chimistes français : elle est la» mienne; et cest une propriété que je réclame auprès de mes* » contemporains et de la postérité. »

Cest alors quil se décida, pour établir toute la certitudede ses droits, à publier lensemble des travaux par lesquels