Band 
Tome sixieme.
Seite
158
JPEG-Download
 

158 Éloge

trait de son ame , & exprimé ce quelui - même avoir plus d'une fois senti.Par une suite de cette fierté, il dé-daignoit de faire sa cour à ceux quiauroient pu contribuer à l’enrichir, &qui même auroient mis de la vanité àlui être utiles. Sa vie privée etoit uni-forme 6c simple , bornée à la sociétéd un très - petit nombre d’amis, &presque obscure par le peu d empres-sement qu’il avoir de se répandre. Audise piquoit-il de la plus grande indif-férence fur fa fortune; 6c le peu d’ai-fance où il a vécu , n’a que trop prouvecombien il disoit vrai. Nous avonsmême de lui à ce sujet une lettre in-téressante , où il peint d’une maniéréaimable , quoique toujours avec fortstyle, son indolence 6c son incurie phi-losophique. » Oui , mon cher ami ,» dit-il, je suis paresseux , 6c je jouis» de ce bien-là en dépit de la fortune»» qui n’a pu me l’enlever , 6c qui m *» réduit à très peu de chose sur tout I e» relie ; 6c ce qui est fort plaisant, c e» qui prouve combien la paresse est» raisonnable, c’est que je n’aurois riest» perdu des autres biens, si des gens» qu’on appeloit sages, ne m’avoien f