DEM. DE LA CONDAMINE. 278
nuit qui précéda son passage. Il s’a-perçut tout d’un coup que tandis quela rivière baissait, son radeau arrêtépar une branche , allait demeurersuspendu. Il eut le temps de couperla branche ; sans cela, dit-il, ses jour-naux , ses observations , ses calculs ,les fruits de neuf années de travaux,étaient perdus } il ne songea pas seu-lement au danger de sa vie. Le len-demain il passa le Pongo , et parcou-rut cette galerie tortueuse, bordéede rochers qui semblent se réunir àleur sommet, où l’on ne reçoit la lu-mière que d’en haut, à travers lesbranches entrelacées des arbres quipendent sur Je torrent, et formentUn berceau sur la tête du voyageurétonné. Malgré la rapidité extrêmedu courant, M. de la Condamine ob-servait la largeur du passage, sonétendue7*sa direction, la vitesse del’eau, et la hauteur des rochers coti-se lesquels le torrent emportait sonr adeau.