Band 
Tome I.
Seite
282
JPEG-Download
 

ELOGE

282

les savantes recherches de son collè-gue, qui semblait, comme on le luidit un jour à lui-même, n’avoir étéau Pérou, qu’à la suite de M. de laGondamine.

M. Bouguer pouvait donc regarderM. de la Gondamine comme un en-nemi de sa gloire, du seul bien dontil fût jaloux. Déjà assez âgé, lorsqueses talents le firent appeler dans lacapitale,et préférant,par goût commepar habitude, le travail à la société, iln’avait pu acquérir cette connaissancedes hommes qui apprend à apprécierleurs injustices et à les supporter. Iln’eut pas la patience d’attendre dupublicetdeM. de la Condamine lui-même, la justice qui était due à sestalents; il ne sentit pas assez que lebruit que l’on fait à Paris ne durequ’un moment, et que la gloire atta-chée à des ouvrages de génie, estéter-nelle comme eux. La relation de sonvoyage fut pleine d’humeur contreM. de la Condamine qui n’y répondit