DE FOURCROY. 143
aimait. La nature lui avait donné deta fermeté et même de la roideurdans le caractère, l’austérité de samorale y avait encore ajouté; maisd comptait la douceur, la patienceau nombre de ses devoirs, et sa vertu,en tempérant cette sévérité , avaitcorrigé son propre ouvrage. Il pous-sait le désintéressement au plus hautdegré, et se croyait obligé de dé-penser chaque année dans sa placela totalité de ses appointements.
Aussi, malgré la plus grande sim-plicité , Fourcroy a-t-il vu diminuere t presque s’anéantir le faible patri-moine qu’il avait en entrant au ser-vice ; exemple rare dans un tempsd’avidité et de dissipation, où l’onavait vu s’élever sur les débris de larichesse publique tant de fortunesscandaleuses , créées par l’intrigue ,dévorées par la fantaisie ; où le sangdu pauvre était devenu le patrimoinede la bassesse et de l’orgueil, et où.l’un avait poussé la corruption jus-