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Tome V.
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Le peuple qui ne songeait qu'àdéfendre sa croyance et ses autels,

cacher leur culte, et de conserver leur vie,sans trahir leur conscience ; et, tant que lesvictimes immolées par Henri II et par sonpère , furent des prédicateurs ou des théo-logiens obscurs , les partisans qu’ils avaientà la cour, dans la noblesse, dans le clergémême, se contentèrent de gémir en secret.Mais le supplice d’Anne du Bourg, fils duchancelier de ce nom, condamné par descommissaires, malgré sa qualité de con-seiller au parlement, montra qu’il n’y avaitaucun partisan de la réforme qui ne dûttrembler : alors ils songèrent à se défendre ;ils voulurent connaître leurs forces, et eux-mêmes furent étonnés de leur nombre et deleur puissance.

Si les protestants n’avaient demandé quela réforme de quelques abus; si les catho-liques s’étaient bornés à défendre la puretéde leurs dogmes, peut-être eût-on conservéquelqu’espérance de les réunir ; du moinseût-on pu se flatter de voir ces deux reli-gions suivre chacune ses dogmes et sonculte , et n’être plus rivales que par la pu-reté des mœurs. Mais trop de gens étaientintéressés à fomenter les troubles. En vain