Lettré
iS
í
exempt de toute foiblesse, que rien n’em-pêche jamais de juger sainement & droite-ment , doit-il avoir ces vices en aversion !Si Dieu voyoit du méuie œil dans sescréatures le bien & le mal moral, il n’yauroit plus de différence entre les actions ;un désordre universel s’introduiroit & réfgneroit fans opposition parmi les êtres in-telligens, & ce désordre seroit une suiteinévitable de cette indifférence qu’on sup-pose en Dieu.
L’homme ne peut pas se représenterexactement l’Etre Suprême ; il est tropélevé au-dessus de toutes les images quitirent leur origine des sens. II est cepen-dant certain qu’il est tout puissant, toutsage, absolument infini en toutes sortes■de perfections. On a toutes les raisonspossibles de croire qu’entre cet Etre infi-ni & les hommes foibles & demi-terres-tres, il y a d’autres créatures plus appro-chantes de Dieu en sainteté , en vertu &en perfection , & fort élevées au-dessusdes hommes. Je fais qu’à proprement parler, il ne peut y avoir une gradation.uniforme entre le fini & fin fini ; mais làdistance entre Dieu & les foibles humains
est