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L E T T R I
çevons- nous plus distinctement la liaisonde notre ame & de notre corps ? car noussommes un composé de ces deux substan-ces. Celle-là pense, sent, juge sans êtrecomposée de parties, Jans avoir ni éten-due , ni surface ; celui-ci au contraire, atout cela. Ces substances si différentes l'on tpourtant intimement unies ; cette terregrossière & massive fait partie de mon indi-vidu ; une ame immortelle en est une au-tre ; je sens le choc que mon corps reçoit,
& mon corps se meut suivant les volontésde mon ame. Cette union est incompré-hensible , mais elle n’en est pas moins Jréelle ; notre sentiment nous en assuretous les jours. 11 est des choses plus maté-rielles que vous ne comprenez pas mieux.
La nature du mouvement , par exem-ple , comment passe-t-il de la surface d’uncorps à la surface d’un autre ? comment 'quitte-t-il l’un pour agiter l’autre, sansque celui qui.vient à le'perdre souffre lamoindre altération ; sans que vous puissiezdiscerner & vous assurer 11 le mouvementest quelque chose d’étendu , de mesurable& de corporel, ou non. Aussi de toutesles objections que Pincrédule peut propo-ser,