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La peinture alpestre / par William Reymond
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'le la nature. La poésie calme des grands lacs suisses l’a quelque-l°is attiré, mais il a toujours trouvé moyen de rappeler dans lesPremiers plans la rudesse et la vigueur de la nature alpestre, etc est dans ces caractères qu’il s’est insensiblement fixé. Le musée^rlaud, à Lausanne , possède une toile de ce maître qui est peut-être son ehef-d'œuvre et qui donne le type le plus complet de saManière. C’est un orage au glacier de Rosenlawi, qui a figuré à1 exposition universelle. Rien de plus vrai, de plus saisissant, deplus vigoureusement senti que cette peinture. Nulle part on n’ad-mire davantage la hardiesse de touche qui distingue cet artiste et'lui fait douter qu’on ait jamais porté plus loin que lui cette sûreté'le main.

M. Diday, dans le paysage, procède de Géricault . Le souvenir duRadeau de la Méduse semble le poursuivre incessamment au milieudes sapins et des gorges. La tempête est son élément et l’accompagnePartout. Le malheur est que, peu à peu, celle-ci a cessé d’être unele nipête aiguë pour devenir une tempête chronique, dont nous con-Uaissons tous les symptômes : la nue déchirée à la crête du rocher,la trouée de soleil sur un coin de neige durcie, et, au premier plan,le sapin qui barre le torrent et le fait écumer comme un incurableépileptique.

Cependant il est arrivé à M. Diday d’exprimer avec bonheur lec alme des lacs del’Oberland . Personne ne rend mieux que lui leursbleues et limpides profondeurs. Mais la proximité des montagnesehargées de lourdes vapeurs resserre et étouffe un peu son imagina-tion. Dans la plaine l’air semble manquer à ce peintre hardi desr °chers et des crêtes inaccessibles.

M. Calame a moins de parti pris et plus de souplesse dans leta lent. Au lieu de s’en tenir, comme son maître, presque exclusive-ment à ce que Rodolphe Topfier a appelé la zone moyenne du pay-^ge alpestre, il a voulu monter plus haut et chercher à exprimer