Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
IX
JPEG-Download
 

DE LA PERMANENCE DES PUISSANCES NATURELLES.

JX

combinée avec le principe de permanence,permet de retrouver sous ses diverses manifes-tations le travail qui ne disparaît pas plus qu’ilne peut croître seul. S’il ne paraît pas de corpssolide en masse dans une combinaison chi-mique, les atomes des éléments n’en ont pasmoins été réunis semblablement; il n’y a pasmoins eu de même nouveau travail engendré parles forces d’attraction. 11 en résulte, comme onsait, production de chaleur (de vibrations, sil’on veut) ; donc inversement, ce qui revient aumême, les combinaisons chimiques ne peuventêtre détruites que par des quantités de chaleurou d’électricité équivalentes à cette quantitéde travail. Nul doute, par suite, que cette cha-leur ne permette d’obtenir la mesure du tra-vail capable de rompre les cohésions atomiques.

J’ai montré comment, en partant de cesprincipes incontestables et grâce à la détermi-nation préalable de l’équivalent mécanique dela chaleur, ou pouvait aux rapports en poidsseuls connus aujourd’hui, aux équivalents chi-miques des corps qui se combinent, ajouter lamesure du travail des forces qui effectuent lacombinaison, c’est-à-dire déterminer les équi-valents mécaniques des corps, un des plusbeaux progrès que la science puisse accomplir.

Il résultera, de leur détermination pour tousles corps, une connaissance intime de leur con-stitution moléculaire qui nous manquait jus-qu’ici, celle de la quantité de travail capablede séparer les atomes des corps composants,obtenue à l’aide d’une mesure de chaleur.

D’où ce résultat, nécessaire d’après le pointde départ, mais à signaler ici, que la considé-ration des équivalents mécaniques non-seule-ment ramène la chimie à la mécanique et parsuite doit lui donner sa forme définitive, maisencore conduit nécessairement à la mesure dela chaleur produite quand l’équivalent méca-nique du composé est une fois connu. La con-stitution de la mécanique chimique ouvrirasûrement la voie à bien d’autres progrès, etsera le plus brillant résultat et la confirmationla plus complète de la théorie de l’équiva-lence du travail et de la chaleur.

L’analyse cln travail des forces chimiquesnous fournissant la loi de production de la cha-leur, nous donne en même temps la solutiondes questions relatives au travail mécanique.Ce sont les forces d’attraction mises en jeudans les combinaisons chimiques qui pro-duisent la chaleur utilisée dans les machinesà vapeur et à air, l’électricité dans les appa-reils électro-magnétiques. Nous pouvons mon-trer l’utilité et la fréquente utilisation des prin-cipes théoriques pour faire prévoir la limitedes résultats qu’on peut espérer.

Dans les machines à vapeur, chaque grammede charbon converti en acide carbonique par

action chimique, produit 8 calories , soit8 X 140= 1120 kil. mètres de travail méca-nique possible, si toute la chaleur se méta-morphose en travail, par exemple produit dela vapeur dont l’action est supposée parfaite,dont la détente est complète. Moins la machineremplit cette condition, plus l’effet reste au-dessous du maximum indiqué par le calcul. Ladifférence est en général très-grande, mais euégard aux difficultés de la pratique, à la faci-lité avec laquelle se disperse la chaleur, on ap-préciera l’ensemble des améliorations ap-portées aux machines à vapeur de Cornouailles ,les plus perfectionnées de toutes, en disantqu’elles rendent plus de 30 % de travail utile.

Dans une machine électro-magnétique, laforce motrice a sa source dans l’oxydation duzinc de la pile. Le courant électrique qui enrésulte se métamorphose partie en chaleur,par suite de la résistance opposée par le con-ducteur, partie en travail. Le calorique pro-duit par l’oxydation d’un gramme de zinc, parla voie sèche, produit d’après Dulong fi calories,et un travail égal à celui de cette chaleur doit pou-voir résulter de l’action d’une machine parfaiteutilisant l’électricité produite par l’oxydationd’un gramme de zinc par voie humide (en suppo-sant utilisée la chaleur qu’emporte l’hydrogènequi se dégage). Si cette chaleur est entièrementtransformée en travail, ou si le courant élec-trique produit un travail équivalent à l’aide demachines électro-magnétiques supposées abso-lument parfaites, il devrait être égal à fi X 14u= 700 kil. mètres.

Dans la revue générale que nous faisons icides forces qui agissent sur la matière, nous de-vons dire un mot du travail que produisent cesmerveilleuses machines que nous appelonscorps vivants. Il est incontestable que c’est desforces chimiques, actives dans les phénomènesde la respiration et de la digestion, que provientle travail qui disparaît avec elles. On no saitpas exactement toutefois comment se produitcette métamorphose, si elle est immédiate ousi elle s’accomplit par l’intermédiaire de l’élec-tricité ou de la chaleur; cette dernière appa-raissant dans les animaux en quantité très-considérable et en raison de leur alimen-tation.

Provisoirement, on admet comme vraisem-blable l’intervention de l’électricité, mais cen’est qu’une hypothèse, et on conçoit dès lorsque l’évaluation du travail des ressorts orga-niques reposa sur une base fort incertaine ;mais il n’en est pas moins évident que l’orga-nisme animal, même abstraction faite des finsnombreuses et sui generis qui sont dans sa na-ture, et à ne considérer que l’emploi écono-mique de sa force de travail, est une machine