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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INTRODUCTION.

bien plus parfaite que celles inventées par legénie de l’homme. Cela est vrai à la fois quantà la variété infinie de mouvements possiblesavec toutes les variations désirées de vitesse,de pression que règle la volonté, mais aussi euégard à la meilleure utilisation des élémentsdes actions chimiques, à la perfection des ap-pareils où s’effectue notamment la combustiondu carbone et de l’hydrogène des aliments,qui produit toute la quantité de chaleur ou detravail qui peut faire naître d’après la théoriedes équivalences.

Ce que nous disons ici des animaux est vraide tous les corps vivants, des végétaux notam-ment et des forces chimiques actives dans lagermination et le développement des végé-taux. Il s’y fait une consommation abondantede la chaleur venant du soleil nécessaire àleur existence, par exemple à la décompositionde l’acide carbonique par les feuilles. Aussi ya-t-il dans les végétaux création incessante decomposés, accroissement rapide par cohésionentre molécules semblables et différentes, ré-sultat direct de ce que le mouvement, laproduction de travail, leur est interdit.

En résumé, l’équivalence et la métamorphosedes forces, conséquence et preuve du prin-cipe de la permanence des puissances quiagissent sur la matière, fait considérer la na-ture comme un établissement bien ordonné,muni d’une somme fixe de puissances indes-tructibles qui manifestent leur action sous desformes différentes. Si dans un phénomène il ya déficit apparent de travail, nous sommes cer-tains de retrouver sous une autre forme l’équi-valent de ce déficit. Ainsi, si deux corps se ren-contrent et qu’après le choc, la somme desforces vives (expression du travail emmagasinédans le corps en mouvement, en fonction desa vitesse et de sa masse) paraisse moindrequ’auparavant, c’est qu’une partie en a étéemployée à faire entendre un choc, à rappro-cher les molécules ou à produire de la chaleur.

Si malgré leur action constante, les locomo-tives de nos chemins de fer ne produisent pasune vitesse sans cesse croissante de la charge,on retrouve dans le mouvement imprimé àl’air choqué, dans le mouvement oscillatoiredes voitures, dans le bruit produit par le train,dans la chaleur des essieux et des supports,l’équivalent du travail disparu. Les corps li-quides ne font pas exception, et toute chuted’eau non utilisée, produit des mouvementsorbitaires qui emmagasinent une grande quan-tité de travail, et aussi, dans une très-faibleproportion avec celui-ci, de la chaleur. Tantqu’un mouvement a lieu dans le vide , toutle travail reste dans le corps mis en mouve-ment ; mais l’entrée dans un milieu résistant a

pour résultat une déperdition immédiate, la-quelle se compense par le calorique dégagépar la compression. Une résistance opposée àun mouvement très-rapide peut échauffer lecorps mû jusqu’à l’incandescence, ce qui suffitpour expliquer l’apparence ignée des massesmétéoriques tombant de l’espace dans l’at-mosphère terrestre.

Ainsi donc les résistances qui forment ob-stacle au mouvement, le frottement et la ré-sistance des milieux, ne peuvent plus être con-sidérés comme des principes destructeurs.Ils n’anéantissent pas le travail qui est, soitsimplement communiqué à d’autres corps, soitmétamorphosé en chaleur, et cette métamor-phose joue un grand rôle.

Les phénomènes qui se passent à la surfacede la terre se trouvant ainsi expliqués, reliésentre eux, on a voulu aller plus loin et on s’estdemandé si la stabilité due à des manifestationsdiverses, mais non à des changements de puis-sances, s’étendait à l’univers entier. Ce qui pré-cède, et surtout la non-variation des mouve-ments astronomiques semble le démontrer biensulfisamment, et il est difficile de trouver d'au-tres preuves plus complètes dans l’état actuelde la science.

C’est surtout l’immensité de l’action solairequi, produisant les évaporations cause d’absorp-tion d’une quantité de chaleur énorme, donnenaissance aux nuages, qui cause les changementsdo densité de l’atmosphère, en un mot tous lesgrands faits du domaine de la météorologie,faits qui se traduisent en travail des courantsatmosphériques, des chutes d’eau, qui paraîtrendre le système de la terre variable. Mais il estbien probable que nous nous préoccupons ici desfaits secondaires, ce qui nous empêche d’appré-cier les faits généraux. Si une portion de la terres’échauffe le jour, une autre se refroidit lanuit; si elle reçoit plus de chaleur qu’elle n’enperd dans une saison, le contraire arriveradans une autre, et le résultat général d’unmouvement complet de la terre dans son or-bite sera constant, dépendant uniquement dela température de l’espace et des distances ausoleil, qui, comparées à des périodes conve-nables, restent les mêmes.

La grande difficulté, qui n’est pas levée, pourprouver la stabilité absolue de l’univers, c’estla démonstration de la persistance du grandfoyer de chaleur, du soleil. Dans notre manièrehabituelle de considérer la production de lachaleur, la persistance de cet immense foyer,son alimentation indéfinie semble inexplicable,bien que nous ne puissions en apercevoir devariations. Il y a là un grand fait à expliquer,ce que permettront les progrès à venir de lascience, dont les horizons vont sans cesse en s’a-