SCIENCES INDUSTRIELLES.
grandissant. Dès aujourd’hui, la production dela chaleur et de la lumière par l'électricité faitentrevoir comment le retour de la chaleur so-laire, transmise par rayonnement à la terre,peut se faire au soleil sous d’autres formes poury produire de nouveau une combustion lumi-neuse ; et comment la permanence du travaildes forces, grâce à la loi d’équivalence, suffitpour faire comprendre la permanence des phé-nomènes calorifiques et lumineux du soleil.
En résumé, la tendance générale du progrèsdes sciences étant de démontrer que les forcesdont nous avons pu constater l’existence et quenous voyons répandues dans tout l’univers, sontliées par une loi d’équivalence, par suite, pro-
XI
cèdent probablement d’un seul principe, et nesont que les actions diverses d’une seule etmême puissance, on devra reconnaître la con-stance de la quantité de cette puissance, etpar suite la stabilité de l’univers. L’idée depermanence des forces et, par suite, la loi deleur métamorphose, de leur équivalence, quien est la conséquence, nous procure ainsi surle plan des mondes la vue la plus profondeque l’on ait eue depuis Newton. Elle a pour ledomaine des sciences physiques une impor-tance comparable à celle de la gravitationpour l’astronomie, et elle ne peut manquer dedonner, sous bien des rapports, une forme nou-velle et une puissante impulsion aux sciencesde la nature.
SCIENCES INDUSTRIELLES.
Je compléterai les indications relatives à quelques points des sciences industriellestraites incomplètement dans mon premier travail, et j’indiquerai quelques progrès nou-veaux d’où peuvent sortir d’utiles applications.
I. PHYSIQUE.
Chaleur. — Je viens de traiter en détail leprincipe des nouveaux progrès qui s’accom-plissent dans la théorie de la chaleur. J’ai de-puis longtemps indiqué à l’article Calorie lesconséquences de ces idées si importantes re-lativement à la puissance motrice des machinesà feu. Elles nous rapprochent chaque jourd’une théorie tout à fait satisfaisante des trans-formations de chaleur en travail ( et récipro-quement) dont la machine à vapeur est l’exem-ple le plus brillant, et cette belle applicationsera une des plus utiles conquêtes de la science.Je donne dans des articles étendus : Équivalentmécanique, Production de la chaleur, Chaleursspécifiques, etc., ce qu’il me semble permis deformuler aujourd’hui de la théorie dynamiquede la chaleur.
Acoustique. — L’emploi des moyens graphi-ques pour la représentation, des phénomènesacoustiques a été heureusement développé dansces derniers temps.
Électricité. — La vitesse de propagation de
l’électricité dans le fer et le cuivre a été dé-terminée expérimentalement.
La pile, l’instrument par excellence pourobtenir de grandes quantités d’électricité, nefournit pas directement les moyens d’obtenirdes effets dus à une forte tension, par exemplede longues étincelles. Cette propriété lui a étéacquise par un nouvel instrument. M. Rum-korf, mettant à profit une curieuse observa-tiou de MM. Bréguet et Masson sur les courantsd’induction, a construit un appareil qui donnedes étincelles notables. M. Fizeau , en la mu-nissant d’un condensateur, et M. Foucault, enfaisant fonctionner à la fois plusieurs machi-nes, sont parvenus à en obtenir des étincellesd’un décimètre de longueur.
Enfin d’importants travaux assurent la déter-mination de l’équivalent mécanique de l’élec-tricité , et prouvent dès aujourd’hui la certi-tude des idées de corrélation entre cette puis-sance naturelle et celles qui ont pour nomchaleur et travail mécanique.
II. CHIMIE.
Nous avons fait entrevoir plus haut commentla notion d’équivalence de la chaleur et du tra-vail doit permettre, par son extension, de fairerentrer la science chimique dans le domaine de
la mécanique, et par suite lui donner un carac-tère de perfection qui lui manque aujourd’hui.Ce progrès doit résulter de la déterminationdes équivalents mécaniques des corps, c’est-à-