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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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XII

INTRODUCTION.

dire des quantités de travail (ou de chaleuréquivalente, car c’est celle-ci seule qui agitsur les corps composés) capables de séparer lesatomes réunis par les. forces d’affinité. Quandon réfléchit que ces forces sont entièrementde la nature de l’attraction qui cause la pesan-teur, on ne saurait être étonné de voir leur effets’évaluer en quantité de travail mécanique, etce sera probablement une cause d’étonnementdans l’avenir qu’on ait autant tardé à formu-ler cette importante théorie. Quoi qu’il en soit,elle me paraît aujourd’hui solidement établie,et je donnerai à l’article Production de la cha-leur le mémoire que j’ai publié sur cette impor-tante question. 11 reste aux chimistes à l’ap-pliquer aux divers corps que l’on connaît ;travail immense, mais qui, à mesure qu’il s’ac-complira et fournira la vérification constantede la théorie de la permanence des puissances,comme le travail de chaque jour du chimisieprouve la permanence de la matière, nous ferapénétrer les lois, les causes de bien des phéno-mènes inexplicables aujourd’hui.

La chimie minérale n’a pas donné lieu, dansces dernières années, à des travaux théoriquestrès-importants. Les plus beaux résultats obte-nus, la préparation de l’aluminium, par exem-ple, sont dus à l’application très-habilementfaite de principes connus, et rentrent dans l’é-tude industrielle, objet de cet ouvrage.

La théorie des composés du domaine de lachimie organique a fait l’objet des travaux lesplus remarquables de ces dernières années, et,grâce aux efforts de MM. Dumas, Liebig, Lau-rent , (ihérard, s’est enfin constituée ; l’in-suffisance des théories de la chimie minéralenécessitait un complément indispensable.

Ce qui fait aujourd’hui le caractère parti-culier de cette partie de la science, c’estle nombre presque infini de substitutions,de transformations, de décompositions par-tielles qui permettent d’obtenir des produitsde plus en plus stables, plus voisins des pro-duits minéraux, en partant des éléments asso-ciés d’une manière particulière par l’actionlente des affinités dans l’élaboration des végé-taux, sous l’influence des forces vitales.

La complication de composition de la plu-part des corps que l’on rencontre dans lesvégétaux, la facilité avec laquelle on par-vient, dans nombre de cas, à remplacer dansun composé un atome d’un corps par un atomed’un autre corps très-différent, sans changerle mode de groupement, comme le montre laconservation de la forme cristalline, ont ouvertde nouvelles voies aussi importantes en théoriequ’en pratique. M. Laurent, en montrant com-bien la théorie du dualisme avait été exagérée,a pu en conclure que celle des substitutions

devait venir occuper dans la théorie une placed’égale importance pour le moins. Au pointde vue des applications, cette dernière con-duit à la production, par dédoublements, sub-stitutions, etc., de produits utiles à l’aide desubstances sans valeur. 11 est évident que lenombre de corps qui peuvent être ainsi obte-nus, en partant de groupes très-complexesélaborés dans les êtres vivants, par des réac-tions lentes dans des appareils appartenant àl’organisme vital, sont, pour ainsi dire, ennombre infini, et qu’on peut espérer arriver,par bien des routes, .à produire une substanceprécieuse. Les recherches ne pourraient sepoursuivre qu’au hasard, et par suite avecbien peu de chances d’obtenir d’importantsrésultats, sans l’introduction dans cette partiede la science d’une notion dont de nombreuxtravaux ont montré toute la valeur. Nous vou-lons parler de l’idée de série.

Celte notion repose en réalité sur la classifi-cation en familles naturelles, si utile dans labotanique et la zoologie, et qui faisant déjàsentir son utilité dans la chimie minérale, estnécessaire à plus forte raison, au milieu de lamultitude de composés qu'on étudie dans lachimie organique. En effet, cette sériation per-met de prévoir les propriétés, l’existence mêmede corps inconnus, d’après celles de corpsconnus, et par suite de simplifier l’étude de lachimie, d’en étendre singulièrement les ré-sultats.

Pour bien préciser cette importante méthode,qui a trouvé à s’appliquer si avantageusementdans la chimie organique, rappelons commentelle s’introduit dans la chimie inorganique.

Malgré la différence radicale qui sépare entreeux les corps simples, on a été conduit pres-que immédiatement par leur étude, à recon-naître entre certains d’entre eux une analogie,une similitude dans leur manière de se compor-ter dans les mêmes circonstances, qui ont dûles faire classer en familles naturelles. Nousnous contenterons de rappeler ici trois famillesparfaitement déterminées, renfermant les prin-cipaux métalloïdes.

La première comprend les quatre corps quiont les analogies les plus marquées : fluor,chlore, brème et iode.

La seconde comprend également quatrecorps, savoir : l’oxvgène, le soufre, le séléniumet le tellure.

La troisième comprend l’azote, le phosphoreet l’arsenic, auxquels on peut encore associerl’antimoine.

Si maintenant on considère les combinai-sons si nombreuses et si variées que présentel’étude des corps non métalliques, on remar-quera que des analogies de composition cor-respondront à des analogies de propriétés. Ainsi