ARDOISES.
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aluminium.
et de l’acide chlorhydrique, et chauffées sur un vastebain de sable.
On pouvait craindre, dans cette partie de l’opération,que le chlore n’attaqufit la matière même de la cornue,mais heureusement il n’en est rien. Le chlore n agitque suivant l’axe de la cornue, et sur un rayon de 1 à2 décimètres, de sorte que les parois se trouvent proté-gées par une couche épaisse de mélange inattaqué. I outle chlore est rigoureusement absorbé, si rapide que soitson dégagement, et il n’en arrive pas la moindre tracedans la chambre de condensation.
Quand on voit diminuer la production du chlorure, onsuspend l’arrivée du chlore, on débouche la cornue paren haut et par en bas pour la nettoyer et la remplir.
Voilà donc encore une opération continue et, par con-séquent, tout à fait industrielle.
MM. Rousseau ont substitué avec grand avantage, àla production assez difficile de chlorure, et au moyen duchauffage d’un mélange de sel marin, de matière alumi-neuse et de charbon, la fabrication d’un chlorure doubleliquide qui vient se condenser d’une manière continue.
Enfin l’emploi de la enjolithe , minerai du Groenland ,qui est un fluorure double d’aluminium et de sodium,est venu rendre presque inutile dans l’avenir cette pré-paration, et pourra remplacer le chlorure, lorsqu’onexploitera ce minéral sur une échelle suffisante. Desusines, produisant des quantités notables d’aluminium,se servent déjà exclusivement de ce minerai.
Aluminium : OErstedt le premier essaya de produirel’aluminium, en traitant son chlorure par un amalgamede potassium (alliage de potassium et de mercure), maisses tentatives n’eurent aucun succès.
En 1827, M. Wœhler, le célèbre professeur de l’Uni-versité de Gœttingue, attaqua le chlorure d’aluminiumpar le potassium, dans un creuset de platine, en em-ployant chaque corps à équivalents égaux. Il obtint unepoudre grise prenant l’éclat métallique sous le brunis-soir, mais infusible et décomposant facilement l'eauà'KKK
En 184-5, M. Wœhler reprit ses travaux; cette fois,il produisit des globules métalliques, très-petits à lavérité, dont l’un put être laminé et fournir une petitelame de Ul millimètres. Mais ce métal ne pouvait sefondre qu’au chalumeau, à l’aide du borax, et il conti-nuait à décomposer l’eau à la température de l’ébulli-tion.
Les choses en étaient-là quand, dans ces dernierstemps, M. Deville étudia de nouveau la question, et ilmodifia, avec un grand succès, les expériences deM. Wœhler.
L’aluminium obtenu par M. Deville-était fusible dansun creuset, inoxydable, sans action sur la vapeur d’eauaux températures les plus élevées, et jouissant enfindes propriétés remarquables bien connues aujour-d’hui. Il y avait loin de là, on le voit, à l’aluminium deM. Wœhler. Cette différence résulte du mode de prépa-ration employé par le célèbre chimiste allemand . Pré-paré dans un vase de platine et sans excès de chlorure,l’aluminium contenait à la fois du platine, qui le ren-dait presque infusible, et du sodium, qui le rendait at-taquable par l’eau.
C’est en faisant passer le chlorure d’aluminium envapeur sur le sodium contenu dans des nacelles métal-liques qu’on opéra d’abord ; mais, ainsi préparé, l’alu-minium renferme toujours quelques alliages qu’il formeavec le métal avec lequel il a été en contact, ce qui nuità sa malléabilité et à son éclat.
Après bien des essais, M. Deville a reconnu qu’avecl’addition d’un fondant convenable, qui permît auxglobules d'aluminium de se réunir, on pouvait mélan-ger directement les substances entre lesquelles la réac*tion doit s'effectuer. Aussi aujourd’hui c’est en mélan-geant simplement le sodium et le chlorure d’aluminium,
en les jetant à la pelle dans un four à réverbère chauffé,que l’on ferme quand il a été chargé, que l’on produitla réaction qui donne naissance à l'aluminium métalli-que , qui vient couler en lingots.
La préparation de l’almninium n’a pas encore dit sondernier mot, et M. Deville ainsi que ses émules et élèves,MM. Rousseau et M. P. Morin, s’occupent avec raisonde la perfectionner. En effet, il est rarement pur et ilperd presque toujours de sa malléabilité, par les alliagesqu’il forme tantôt avec le silicium des fourneaux, tan-tôt avec les métaux avec lesquels il s’est trouvé en con-tact pendant les réactions qui l’ont mis en liberté.
Les usines existantes peuvent à peine suffire à la con-sommation croissante de l’aluminium, que réclame sur-tout la bijouterie. Elle est, sans doute, encore peuconsidérable, mais elle s’élève cependant à plusieurs kilo-grammes par jour, et chacun d’eux permet d’exécuterune quantité d’objets qui nécessiteraient i kilog. d’ar-gent. Nul doute que de nouveaux débouchés ne provo-quent les progrès de la fabrication qui tend à s’amé-liorer et à abaisser le prix de revient, chaque jour. 11est encore fixé vers 300 fr., mais aucun chimistene doute qu’il ne doive considérablement diminuer;car, comme le dit très-bien M. Deville, l’histoire desprogrès de l’industrie démontre clairement que les pro-blèmes dont la solution dépend de l’économie dans lamain-d’œuvre et de l’invention des appareils sont tou-jours résolus, pourvu que les matières premières soientcommunes et à bas prix.
ARDOISES. Nous ajouterons à notre premier tra-vail quelques détails sur les propriétés des ardoises.En France l’ardoise s’exploite en Anjou depuis untemps immémorial (un autre centre d’exploitation existedans les Vosges , mais est de bien moindre importance).L’ardoise d’Anjou a une couleur noire ou noire-bleuâtre.Elle est très-schisteuse et peu compacte; cependant ellerésiste assez bien à l'action mécanique ou chimique desagents atmosphériques. Diverses expériences ont étéfaites par M. A. Blavier, sur les propriétés de l’ar-doise de l’Anjou. Elle renferme seulement quelquesmillièmes de pyrite de fer, qui n’est pas intimementdisséminée dans sa pâte, mais qui y forme de petitsnodules isolés, ce qui permet de rejeter les échantillonsqui en renferment trop. Lorsqu’elle est immergée ,elle s’imbibe d’une plus grande quantité d’eau quel’ardoise anglaise. Car, tandis que cette dernière n’ab-sorbe que0,u()02 de son poids, pour une épaisseur de3 mm , l’ardoise de l’Anjou en absorbe 0,0005, c’est-à-dire plus du double pour une épaisseur qui est seule-ment de 2 mm . M. lïlavîer a cherché ensuite la ré-sistance à la rupture d’ardoises ayant différentesépaisseurs. 11 a opéré sur des ardoises carrées fie0 m ,2o, reposant par leurs quatre côtés sur un cadrebien dressé et chargées directement sur une surface- de4 décimètre carré. Les charges nécessaires pour pro-duire la rupture sont données parle tableau ci-dcssous:
EPAISSEUR DE L’ARDOISE.
CHATCGE.
millimètres.
kilogrammes.
1
8
2
35
3
50
4
90
120
6
150
7
170