Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
35
JPEG-Download
 

ARGILE.

ARGILE;

33

rouge si l’argile est ferrugineuse. Certaines'argilesrenferment des proportions considérables de matièresanalogues à la houille et donnent des poteries noiresque l’iiiflisibilité du charbon rend très-réfractaires. Lescreusets de plombagine employés dans certains cas sontfaits avec cette sorte d’argile; du reste, on les imiteartificiellement en faisant un mélange d’argile et decoke pulvérisé.

Bour faire l’analyse des argiles, on profite de ceque les argiles pures sont à peine attaquables parles acides faibles. On peut ainsi en séparer le cal-caire et meme l’oxyde de fer hydraté au moyen del’acide oxalique, le résidu peut ensuite être décomposépour l’analyse, soit â la température rouge, par uneattaque à la potasse dans un creuset d'argent, ou parune attaque au carbonate alcalin, soit à la températureordinaire, par l’acide fluorhydrique.

11 est convenable de faire précéder l’analyse de touteargile d’une décantation en grand, opérée sur unequantité pesée de matière, afin de connaître la propor-tion de sable qui s’y trouve ; à cet effet, on délaye lamatière dans l’eau, dans un vase d’une assez grandecapacité ; on laisse reposer une ou deux^ninutes, puison fait écouler la partie laiteuse avec la plus grandeprécaution pour ne rien entraîner du résidu sablon-neux; ou recommence à plusieurs reprises l’opérationtoujours de la même manière, en observant les mêmesrègles, en mettant à chaque fois la matière en suspen-sion jusqu’à ce que l’eau de lavage ne cesse pas d’êtretrès-sensiblement trouble après deux ou trois minutesde repos. On fait sécher les résidus afin do les amenerau même degré de sécheresse que la prise d’essai, puison pèse ; on examine ensuite à la loupe le résidu sa-bleux formé des r substances dont il peut être utile dedéterminer la nature.

Les silicates d’alumine sont attaquables par l’acidesulfurique concentré et chaud qui enlève une partiede l’alumine; un lavage avec une dissolution alca-line dissout la silice mise en liberté par ce premiertraitement, et celle qui, primitivement à l’état de li-berté, pouvait exister en mélange intime avec le sili-cate alumineux; on reprend par l’acide sulfurique pourdécomposer une nouvelle portion de l’argile, et par lapotasse pour dissoudre la silice que ce second traite-ment vient de rendre libre à son tour. On peut ainsi,par une suite d’attaques alternatives par l’aeidc sulfu-rique et la potasse, décomposer la totalité de l’argileproprement dite, et ne laisser à l’état insoluble queles matières étrangères, telles que le quartz, le feld-spath, etc., non attaquables par les acides et les solu-tions alcalines, matières qui se trouvaient à l’état demélange dans l’hydrosilicate alumineux.

La liqueur sulfurique contient de l’alumine, du fer,de la chaux, de la magnésie; on précipite le fer etl'alumine par l’hydrosulfate d’ammoniaque, qu’on sé-pare ensuite l’un de l’autre par la potasse après avoirredissous les sulfures dans l’acide chlorhydrique. 11reste des sulfates de chaux et de magnésie mêlés desulfates alcalins; on les sépare au moyen de l’oxalateet du phosphate d’ammoniaque. C’est là ce qu’on ap-pelle l’analyse rationnelle ; c’est cette analyse qui per-met de définir l'argile dans un but purement théoriqueet qui sert aux spéculations de la science. L’analyseempirique, celle qui intéresse le potier, le fabricant deproduits chimiques, le fabricant de ciment hydrauli-que, etc., consiste à décomposer l’argile sans s’inquié-ter de l’état de combinaison des éléments qu’elle con-tient : on détermine d’abord l’eau par une calcinationpuis on attaque l’argile par la potasse au creuset d’ar-gent, ou par le carbonate de soude au creuset de pla-tine.

J’ai dit plus haut que l’argile cuite était plus atta-quable par les acides que l’argile crue; MM. Vicat,

Thénard et Bertlncr ont Constaté cette propriété, misedepuis hors de doute par des expériences de M. Mari-gnae. L’argile de Dreux , traitée par l’aeidc chlorhy-drique, perd seulement les 0,23 de son poids lors-qu’elle est crue, et près de 0,45 quand elle est cuite ; àune température très-élevée, la dissolution redevienttrès-difficile ; les 0,08 du poids de l’argile seulementont été dissous.

On a fait une expérience semblable avec une argileferrugineuse, avec de l’ocre jaune. L’ocre crue a laissésans sc dissoudre un résidu pesant 0,03 insoluble dansl’acide chlorhydrique. Après une première calcination,ce résidu pesait 0,01 ; après une deuxième calcination,0,57; enfin, après un troisième coup de feu, on n’aplus trouvé que 0,73 de résidu non attaqué.

Une marne, soumise aux mêmes essais, a perdu,crue, 0,58, et cuite, 0,00. Si l’on enlève le calcaire,l’argile crue laisse 0,70 et l’argile calcinée 0,95, c’est-à-dire 0,30 de perte dans un cas et seulement 0,05dans l’autre. Ces résultats mettent hors de doute quela composition de l’argile exerce, tout aussi bien quela température employée pour la calcination, une in-fluence importante sur les différences qu’on pourraitobserver. La pâte de porcelaine crue perd 0,10 de par-ties solubles, tandis qu’elle n’en abandonne que 0,00à l’état de dégourdi.

Les diverses méthodes d’analyses décrites plus hautont conduit à la connaissance exacte de certaines av->giles qu’on est convenu de considérer comme types.Nous les avons classées dans les tableaux qui suivent,et je n’ai pas cru devoir omettre ici les résultats qui rc •présentent les compositions et les usages dos principalesargiles provenant soit du territoire français , soit descontrées environnantes. Beaucoup de ces analyses ontété faites au laboratoire de Sèvres par les différentschimistes qui ont été successivement attachés à cet éta-blissement, MM. Laurent, Malaguti, Marignae, Suive-tat ; quelques autres sont empruntées au traité classiquede M. Berthicr, sur les Essais par la voie .sèche, t. 1,p. 39 et suivantes :

ARGILES LES LOCALITES PRISES EN FRANCE .

PO CH 100 PARTIES D’ARGILE

séchées à -f- 100

degrés

centigrades.

Edi.

Silice.

Alumiue

Cijilede f«r.

Chain.

UagncMe.

1

Abondant. .

13.10

50.60

35.20

0.40

0.00

0.00

o

Areueil . . .

11.01

62.14

22.00

3.09

1.68

traces

3

Belin....

8.64

63.57

27.45

0.15

0.55

traces

4

Échassières .

10-40

49.20

34.00

0.00

0.00

0.00

5

Ktrépitcny.

9.00

70.00

18.50

0.50

0.75

traces

G

I'or r es. . . .

11.00

65.00

24.00

traces

0.00

0.00

7

Gaujac.. . .

14.50:46.50

38.10

0.00

traces

0.00

8

llavatigcs. .

7.50

66.10

19 80

6.30

0.00

0.00

9

Kliugeuhcrg.

16.00

48.32

32.48

1.52

1.61

traces

10

Labouehade.

12.00

55.40

26.40

4.20

0.00

0.00

U

Lewal. . . .

12.60

52.00

31.60

4.40

0.00

0.00

12

Livernon . .

18.00

49.00

24.00

6.26

2.00

0.00

13

La Malaise. .

15.00

52.55

20.50

0.55

3.00

1.50

14

Montercau. .

10.00

61.40

24.60

traces

0.00

0.00

15

Provins . . .

»

57.00

37.00

4.00

1.70

0.00

16

Retourneloup

16.96

42.00

38.96

0.85

1.01

0.17

17

Salavas. . .

11.05

58.76

25 10

2.50

traces

2.51

18

Saveignies. .

65.00

31.00

1.00

traces

2.00

19

Strasbourg . .

12.00

66.70

18.20

1.60

0.00

0.60

20

Vaugirard. .

14.58

51.84

26.10

4.91

2.25

0.23

"Voici les caractères et les usages de ces diverses ar-giles :

Argile d’Abondant, près Dreux (Eure-et-Loir ),