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ARGILE.
ARGILE.
qui sont façonnées avec ccs argiles se déforment nota-blement. Il y a quelques proportions intermédiairescorrespondantes au maximum de résistance. Les tem-pératures très-élevées qu’on produit en petit par l’em-ploi du chalumeau à gaz oxygène et hydrogène trans-forment les argiles en verre avec une très-grandefacilité.
. Nous avons dit que les argiles admettaient en mé-ninge des matières étrangères ; ces dernières sont asseznombreuses : tantôt* elles sont disséminées en frag-ments beaucoup plus volumineux que les particulesargileuses, tantôt elles ont le meme degré de ténuité.Dans le premier cas, on sépare aisément les matièresétrangères par un délayage dans l’eau suivi d’une sim-ple décantation ; les matières très-ténues restent ensuspension bien plus longtemps que les autres, bienque leur densité soit à très-peu près la meme. Celatient à ce que la force qui tend à précipiter les ma-tières au fond du vase est proportionnelle à leur masse,tandis que la force qui empêche leur précipitation estproportionnelle à la surface en contact avec le liquide;or les masses croissent comme les cubes des dimen-sions, et les surfaces comme les carrés seulement ; laforce accélératrice croît ainsi beaucoup plus rapidementque la force retardatrice, à mesure que les dimensionsdes particules augmentent.
En soumettant donc les argiles au lavage suivid’une décantation, les matières qui ont une certainemasse se précipitent au fond du vase; presque toutesles argiles que nous offre la nature laissent de la sortedéposer une quantité plus ou moins considérable departies sableuses rudes au toucher ; ce sont :
1 0 Des grains de quartz reconnaissables à leur cassureinégale, non lamclleusie, à leur dureté, à leur couleur, àleur transparence, enfin aux autres caractères qui dis-tinguent l’acide silicique.
2° Du feldspath moins dur que le quartz, en cristauxplus ou moins nets, opalins, fusibles au chalumeau.
3" Du mica qui se présente en lamelles très-minces,larges, restant longtemps en suspension dans l’eau;le mica est souvent visible dans les argiles elles •mû-mes sous forme de paillettes brillantes ; ces dernièresso séparent alors en lits de mince épaisseur.
4° Des pyrites de fer; ces pyrites sont des cristauxon des grains de bisulfure de-fer, lourds, ayant l'éclatmétallique et la couleur jaune du laiton ; les pyrites setrouvent dans les argiles, surtout dans les variétés quicontiennent du bitume en quantité notable.
Les argiles contiennent encore d’autres matières quisont intimement mélangées avec le silicate d’alumineet qu’on ne peut en séparer par la décantation ; ce sontle carbonate do chaux, l’oxyde de fer, le sulfure defer, les alcalis et le bitume.
1° On reconnaît lo carbonate de chaux à la propriétéqu’ont les argiles do faire effervescence avec les acides;une petite proportion de calcaire ne détruit pas la plas-ticité. Les argiles mêlées de calcaires prennent le nomdo marne. Les marnes sont plastiques et se travaillentassez bien quand elles ne contiennent pas beaucoupdo calcaire, comme 10 ou 12 pour 100. Ce sont lesmarnes argileuses; elles acquièrent une grando du-reté par le fait de la cuisson. On les emploie le plusordinairement dans la fabrication des poteries com-munes.
Quand la proportion de calcaire dépasse une certainelimite, la matière devient plus solide et prend unetexture plus compacte. Cependant il y a des marnescrayeuses qui ne présentent pas une très-grande consis-tance. L’argile, dans ce cas, se désagrégé facilementsous les influences atmosphériques; employée sans argileplastique dans la fabrication des poteries, ello ne donnepas des putes réellement plastiques. Les marnes cal-caires sont moins employées que les marnes argileuses
dans les arts céramiques, et seulement comme matièresdégraissantes, c’est-à-dire antiplastiques.
2° L’oxyde de fer se trguve fréquemment disséminédans les argiles ; il les colore quelquefois en rouge, ilest alors à l’état de peroxyde anhydre ; d’autres fois eijjaune ocreux, il est alors à l’état d’hydrate de peroxyde;dans ce dernier cas, les argiles rougissent par l’expo-?sition au feu, le peroxyde anhydre étant beaucoup pluscolorant que l’hydrate. Les argiles absolument*dépour-vues de fer et qui ne se colorent pas par la calcina-tion sont excessivement rares. Quelquefois l’oxyde (lefer est engagé dans la combinaison sous forme de sili-cate ou de carbonate.
3° Le sulfure de fer qui se sépare quelquefois très-facilement par le lavage des argiles, ne s’aperçoit pastoujours; il peut être disséminé dans la masse sousforme impalpable, comme il l’est dans certains calcai-res qu’il colore soit en bleu, soit en gris. Beaucoup (Var-giles peuvent devoir leur coloration à des sulfures defer disséminés; dans ce cas, la calcination fait appa-raître une couleur rouge ou rougeâtre plus ou moinsfoncée, c’est l’indice de la présence du fer que le lavagone séparerait pas.
Le carbonate de chaux et l’oxyde de fer, qui ne di-minuent la plasticité de l’argile que lorsqu’ils lui sontmêlés en proportions notables, exercent une grande in-fluence sur une propriété très-importante des argiles,la qualité réfractaire.
Certaines argiles sont rendues fusibles à liante tem-pérature par la présence d’une quantité, même peuconsidérable, de cliaux ou d’oxyde de fer; aussi la plu-part des poteries ordinaires fondent-elles en une ma-tière vitreuse à la chaleur d’un four à porcelaine;celles qui contiennent du fer donnent une matière vi-treuse noirâtre, analogue aux scories des hauts four-neaux. J’ai dit plus haut que les argiles renfermaientquelquefois des pyrites en grains : ccs pyrites sontbeaucoup plus nuisibles dans la fabrication des poteriesque les pyrites disséminées; elles se transforment parle grillage en oxyde, et cet oxyde fait fondre toute lamatière qui l’entoure en formant une cavité
4° Les argiles renferment généralement une petitequanté d’alcalis (potasse et soude) dont le poids peuts’élever jusqu’à ‘2 ou 3 pour 101). Les argiles plas-tiques des environs de Paris n’en contiennent que4 à 5 millièmes ; on en trouverait certainement danstoutes les argiles.- Une petite quantité d’alcalis dansune argile suffit pour la rendre ramollissahlc à lahaute température de nos fourneaux; aussi les kao-lins qui renferment 2 ou 3 pour 100 de potasse et desoucie ne sont-ils pas complètement réfractaires; ccséléments ne communiquent aucune coloration au si-licate d’alumine, même aux températures les plus éle-vées. La texture serrée semi-vitreuse et la transluci-dité qui caractérisent la porcelaine sont dues à l’in-fluence des silicates alcalins qui fondent au feu decuisson. On peut admettre que, dans lo plus grandnombre des cas, les alcalis que l’on rencontre dans lesargiles proviennent des parties feldspathiqucs ou mica-cées qui s’y trouvent naturellement disséminées enparticules tellement ténues, qu’elles ne peuvent êtreséparées de l’argile pure par un simple lavage.
5° Les argiles et les marnes sont souvent coloréesen brun, en gris ou en noir, par (les matières de natureorganique qui exhalent une odeur, bitumineuse par hfrottement, par la calcination; elles peuvent être em-ployées comme les autres argiles dans la fabricationdes poteries, et les objets qu'on en fait peuvent acqué-rir et conserver au feu une couleur noire due au char-bon qu’ils contiennent quand la cuisson se fait à unetempérature peu élevée ou comme en vase clos. Lors-que le charbon se brvilc sous l’influence d’un courantd’air, on observe des places plus ou moins colorées en