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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ARGILE.

ARGILE.

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lignite; employée dans la manufacture d’Elbogcn pourfabriquer les cazettes à cuire la porcelaine.

14. Argile de Gottweitli, près Krcms (Autriche ),d’un vert sale pale, mêlée de taches ferrugineuses ;employée dans les manufactures de Vienne pour laconfection des cazettes.

Dans toutes ces argiles, il y a plus ou moins de potasseou de soude qui n’ont pas été dosées ; la présence del’alcali peut modifier un peu les qualités qu’on serait,à première vue, tenté d’attribuer à ces argiles d’aprèsleur teneur en alumine.

Les argiles sont très-abondantes dans la nature ;elles se présentent généralement en couches assez régu-lières dans les terrains appelés stratifiés, formés ausein des eaux, soit douces, soit marines, intercaléesentre les couches de grès, de calcaires, etc. On ytrouve très-souvent des débris organiques fossiles, ani-maux ou végétaux ; elles sont évidemment le produitd’un dépôt formé par une matière primitivement en sus-pension au sein d’un liquide charriant des matériauxde transport.

Les argiles existent dans presque tous les terrainsstratifiés.

Les argiles plastiques et réfractaires sont supérieuresà la craie, et appartiennent à la base du terrain ter-tiaire ; on en trouve dans le terrain houiller. Les ar-giles mêlées de calcaires sont beaucoup plus répan-dues ; elles appartiennent à tous les terrains stratifiés(oolithe), craie, terrains tertiaires ; les argiles rougessont assez abondantes. Nous allons voir que les argilessont des kaolins transportés, qui, dans leur transport,ont été souillés par des matières étrangères.

Une seule matière argileuse, la terre à porcelainequ’on nomme kaolin, fait exception à cette règle géné-rale et se présente sous forme d’amas tout à fait irré-guliers au milieu des roches primitives, comme le gra-nité, le gneiss, entremêlée d’autres roches que leuranalogie avec les roches volcaniques indique commeayant originairement possédé l’état de fusion.

On distingue les kaolins argileux , sablonneux,caillouteux*

Tantôt le kaolin se présente en masses onctueuses,très-blanches, douces au toucher, liantes et plastiques,avec tous les caractères d’une véritable argile ; c’est unkaolin argileux. Tantôt la décantation laisse une quan-tité de grains fins de quartz et de feldspath ; c’est lekaolin sablonneux.

Tantôt enfin le gîte de kaolin se compose d’unemasse blanche qui s’égrène entre les doigts, mais quin’est pas plastique ; délayée dans l’eau, cette matièrese désagrégé et donne un kaolin pur, véritable argilequ’on sépare par Lévigation des grains plus ou moinsvolumineux de quartz ou de feldspath ; c’est le kaolincaillouteux .

L’étude des gîtes de kaolins a permis de préciser l’ori-gine des roches que l’aspect extérieur éloigne, en ap-parence seulement, des véritables argiles. En effet,les kaolins ne se sont montrés associés jusqu’à ce jourqu’avec les roches suivantes :

Les pegmatites, à Saint-Yrieîx (Haute-Vienne ), àCambb, dans les Pyrénées ; à Saint-Steplien, dans lesCornouailles .

Les gneiss, à Passau, à Saint-Yrieix .

Les granités, à Ilall, près Schneeberg.

Les curites, à Trctto, dans le Vicentin.

Les porphyres, en Saxe , à Morl, près de Hall.

Or, toutes ces roches, au milieu desquelles le kaolinse trouve enclavé, renferment un élément commun quiest le feldspath.

Ce silicate, répandu dans la roche, soit à l’état docristaux, soit à l’état de pâte réunissant les cristauxparfaits, se montre souvent intact, et souvent aussisans résistance et sans solidité ; l’examen attentif de la

roche démontre d’une manière évidente que ce sont lesparties feldspathiques qui se sont transformées en cettematière blanche de nature argileuse, qu’une décanta-tion permet d’isoler et qui a tous les caractères d’unkaolin.

On trouve même des cristaux de feldspath imparfai-tement décomposés.

La conclusion la plus naturelle qu’on puisse tirerde l’observation de ce dernier fait est que le kaolin pro-vient de la décomposition du feldspath sous certainesinfluences atmosphériques. La connaissance des com-positions chimiques des deux matières conduit au mêmerésultat :

Le feldspath renferme :

4 (Si O 3 ) silice. . . . 64.8Al 2 O 3 alumine. . 18.3KO potasse. . . 10.9

Le kaolin supposé pur con-

tient :

Si O 3 silice.39.5

Al 2 O 3 alumine . . . 44.82 (HO) eau.15.7

100.0

100.0

En rapportantes deux compositions à la même pro-portion d’alumine égale à 100, on aura :

Pour le feldspath. Pour le kaolin.

Alumine. 100 100

Silice. 332 88

Potasse. 92 0

Eau. 0 35

'524 223

Ainsi le feldspath perd les trois quarts do la siliceet gagne de l’eau. On peut représenter cette réactionpar la formule chimique

4 (Si O’) KO, Al 3 O 3 +2(110) = | si ( ol, ap0 3 ?2 (HO).

La matière s’est transformée en une autre qui nepèserait plus que les 0.4 environ si la décompositionétait complète, ce qui n’a pas lieu généralement ; ilreste presque toujours de la potasse et de la silice enexcès, ce qui semble prouver une altération incom-plète.

Les kaolins de toutes les localités contiennent en-core des alcalis, comme le démontrent les analyses sui-vantes :

FOUR

100 PARTIES SÉCHÉES

à + 100 degrés.

Eau.

Silice.

Alumine.

Alcalis.

1

Limousin . .

13.10

48.00

37.00

2.50

2

Nièvre . . .

12.60

49.00

36.00

1.60

3

Bretagne . .

13.00

48.00

36.00

2.00

4

Chine .. . .

11.20

50.00

33.70

1.90

5

Pyrénées . .

11.50

48.00

34.60

2.15

6

Russie . . .

12.60

48.00

36.00

2.40

Quand le granité se décompose, le kaolin est mêléde mica ; en partie décomposé, il est coloré, ferrugi-neux, et ne peut donner des porcelaines translucideset complètement blanches. Le granité se présente quel-quefois sans mica. La roche est alors composée dequartz et de feldspath ; on l’appelle pegmatite ; c’est ladécomposition de la pegmatite qui donne lieu généra-lement aux gîtes des meilleurs kaolins ; le quartz estplus ou moins abondant, le kaolin est alors plus oumoins caillouteux. Quoi qu’il en soit, ces gîtes sont or-dinairement très-irréguliers, et le kaolin argileux, quiest très-rare, se trouve sous forme de veines ou d’amas