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peu miportantsaumilicu des gîtes de kaolins caillouteux.
Ces roches sont fréquemment associées à des terresrougeâtres, ferrugineuses, qui entourent le gîte.M. Brongniart a conclu de ces observations généralesque cette association avait facilité la transformationdu feldspath en kaolin.
On a cherché longtemps à expliquer la décomposi-tion du feldspath ; diverses réactions se sont présentéesà l’esprit.
1° Par une longue ébullition dans l’eau sous uneforte pression, le feldspath laisse dissoudre de la siliceet de la potasse (Forkhammer) ; les parois de carrièresfeldspathiques constamment mouillées se kaolinisent.
2® Du feldspath en poudre humide, mis dans un tubeen U dans lequel on détermine un courant électrique,a donné sur l’un des pôles une réaction alcaline aubout de deux ans. (Brongniart et Malaguti.)
Ainsi, un courant électrique, longtemps prolongé,transmis par l’eau, peut à la longue décomposer lefeldspath. M. Brongniart en avait conclu que le con-) tact des roches ferrugineuses déterminant un courantélectrique pouvait avoir accéléré la décomposition ;mais l’eau seule, surtout chargée d’acide carbonique,sous une forte pression, suffit pour déterminer ces trans-formations, ainsi que l’ont démontré des exemples tiréspar M. Fournet des carrières de Pontgibeaud.
La décomposition des granités sur de grandes éten-dues parait s’opérer, sans qu’il y ait nécessité d’uneaction électrique, par la simple action de l’eau, de l’airet de l’acide carbonique. Les roches en décompositionsont constamment lessivées ; l’acide carbonique quel’eau tient en dissolution forme du carbonate de potasse,et la silice est à son tour entraînée par cette dissolutionalcaline.
La formation dunitre peut encore enlever des alcalisà l’état d’azotate ; c’est ainsi que s’explique la for-mation desnitrières de l’Espagne et de la Barbarie.
L’étude des gîtes de kaolins fait voir que les rochessont surtout décomposées près de la surface du sol; peg-matites et granités se comportent de meme ; en descen-dant en profondeur, on est presque certain de rencon-trer la masse inaltérée, et l’on peut avancer que lescauses qui ont agi n’ont pas transformé les silicates audelà d’une vingtaine de mètres. Comme la pegmatiteen s’altérant diminue beaucoup de volume, on peut ex-pliquer, au moins dans de certaines limites, le désordrequ’on remarque dans les relations que présentent lesdiverses roches mises à nu par l’exploitation des car-rières.
Il est évident d’ailleurs que les différents granités,j’ajouterai meme, les divers points d’une même forma-tion granitique, présentent de grandes différences entreeux sous le rapport de la facilité avec laquelle leur dé-composition s’opère.
Le rendement des kaolins bruts est excessivementvariable, souvent d’un point à un autre du même gise-ment.
Le kaolin argileux laisse quelquefois 0,03 de sabledont la nature est tantôt siliceuse, tantôt feldspatliique.La pi*oportion de ce résidu peut s’élever jusqu’à 0,15ou 0,20, mais c’est un maximum assez rare.
Le kaolin caillouteux ne donne souvent au lavageque 0,20 d’argile pure, quelquefois il en produit 0,70.Des différences de même ordre sont observées dans lelavage des kaolins sablonneux.
Les kaolins s’exploitent à ciel ouvert et par gradins.
Les matières montées au jour par des femmes ou desenfants sont épluchées avec un grand soin ; on rejetteles parties ferrugineuses, qu’on distingue facilement àla vue. On enlève avec un couteau les veinules ocreusesdont les masses sont injectées, et les matériaux ainsidépouillés de fer sont mis de côté pour servir à la con-fection des pâtes de porcelaine.
ARGILE.
Dans le Limousin , les pâtes se composent directementavec les variétés de kaolin caillouteux, sans lavage,auxquelles on ajoute 1° des kaolins argileux, qui sontrares et également non lavés ; 2° des cailloux, et 3° desargiles qu’on nomme décantées et qui proviennent du la-vage des rebuts que laisse l’épluchage.
En Angleterre, diyis le Nivernais ou l’Ailier, ontraite par lavage en grand les kaolins bruts, et ce lavagese fait par toutes les méthodes employées dans les artsmétallurgiques, pour le débourbage et la* séparation desminerais de leurs gangues inutiles.
Les kaolins ont dans le commerce des valeurs diffé-rentes, suivant leurs qualités. Le plus estimé, le pluscoûteux, mais aussi le plus rare, est le kaolin argileux.On le trouve à Limoges , aujourd’hui, rendu en gare auprix de 13 à 15 francs les 100 kilog. à l’état sec. L’ar-gile décantée ne vqïit guère que 6 à 8 fr. les 100 kilog.
La formation du kaolin n’est pas un fait isolé ; rienn’est plus facile que çl’y rattacher l’origine des argileset de toutes les matières sédimentaires. Le kaolin estune argile en place ; l’argile est le kaolin transportéqui. dans son transport, s’est trouvé, comme nous l’a-vons dit, souillé de matières étrangères. Les travauxd’Ebelmen ont expliqué ces phénomènes de la ma-nière la plus philosophique.
La transformation des espèces feldspathiques en kao-lin est un fait acquis à la science; ce n’est qu’un casparticulier des altérations que subit ou peut subir lacroûte extérieure du globe terrestre. Ce phénomène,accompli sur une très-grande échelle autrefois, s’ac-complit probablement encore tous les jours, et l’élé-ment feldspatliique n’est pas le seul qui se trouve altéré;des silicates, qui ne renferment pas d’alcalis, sont sou-vent aussi décomposés, et la liste des roches ou mi-néraux examinés attentivement et trouvés dans desétats d’altération que l’analyse chimique a permis desuivre pour ainsi dire pas à pas, montre d’une manièreévidente que la transformation du feldspath en kaolinrentre dans le fait général de la décomposition des sili-cates sous l’influence des agents atmosphériques.
On a constaté l’altération en quelque sorte kaoliniquodans le bisilicate de manganèse d’Alger , dans le bisili-cate de manganèse de Saint-Marcel, dans la bustamitodelà mine d’argent de Tétala (Mexique ), dans le gre-nat mélanite de Beaujeux (Rhône ), dans le basalte deCrouzet, dans le basalte de Polignac (Haute-Loire ),dans le basalte duKrammer-Bull, près Egcr (Bohême),dans le grau-stone des environs de Saint-Austell (Cor-mvall), dans le basalte de Linz (bords du Rhin ). Or, danstous ces minéraux, dans toutes ces roches, on a vu laplupart des éléments disparaître, et l’alumine se con-centrer dans les résidus en combinaison avec l’acide si-licique avec fixation d’une certaine quantité d’eau.
En généralisant le fait de cette décomposition et l’é-tudiant en dehors de toute hypothèse sur les causespremières de l’altération, on peut résumer ainsi lesprincipes qui régissent la décomposition des silicatessous l’influence des agents atmosphériques.
1° # Dans la décomposition des silicates contenant dela chaux, de la magnésie, des protoxydes de fer et domanganèse, sans alumine, on trouve constamment quela silice, la chaux, la magnésie sont éliminées et ten-dent à disparaître complètement par le fait de la décom-position ; tantôt le fer et le manganèse restent dans lerésidu à un état d’oxydation supérieur au protoxyde,tantôt ils disparaissent comme les autres bases.
2 Ü Dans la décomposition des silicates contenant de tl’alumine et des alcalis avec ou sans les autres bases,l’expérience prouve que l’alumine se concentre dansle produit de la décomposition, en retenant une partiede la silice et en fixant une certaine quantité d’eau,pendant que les autres bases sont entraînées avec unegrande partie de la silice.