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BAROMÈTRE.
BAROMÈTRE.
Ces doutes no peuvent être opposés aux faits con-tenus dans le tableau ci-dessus. Là, en effet, l’influencedes phases de la lune se manifeste, et pour la périodetotale de 20 années, et de la meme manière, sans au-cune exception, dans cinq courtes périodes, de troisannées seulement, que M. Sehübler a également for-mées. Une telle concordance ne saurait être l’effet duhasard.
Sur Us hauteurs moyennes du baromètre, dans Us diffé-rentes positions de la lune .
Les observations sur lesquelles se fondent les résul-tats que je vais rapporter , ont été faites à Viviers (département de l’Ardèche ) par M. Flaugergues. Ellesembrassent les 20 années comprises entre le 49 oc-tobre 4808 et le 4 8 octobre 4 828. M. Flaugergues adiscuté les seules observations de midi, afin que toutétant constamment égal par rapport au soleil, il nerestât dans les moyennes que les effets dépendants dela lune. Les hauteurs ont été réduites à la températuredo la glace fondante.
Hauteurs moyennes du baromètre.
Nouvelle lune.'.755 ram ,4$
Premier octant.755 44
Premier quartier.755 40
Deuxième octant. 754 79
Pleine lune.755 30
Troisième octant. 755 09
Second quartier. 756 23
Quatrième octant. 755 50
Pour comparer ces résultats h ceux de M. Sehübler,il suffira de se rappeler qu’en général, quand il pleut,le baromètre est bas ; en sorte que les chances depluie doivent augmenter si la colonne mercurielle seraccourcit, et diminuer , <tu contraire , quand elles’allonge. D’après la table précédente, si toutefois l’onveut tenir compte des faibles variations qu’elle pré-sente, le maximum du nombre do jours de pluie devraitdonc correspondre au deuxième octant, et le minimumau second quartier. Tels sont, en effet, les résultatsqu’a obtenus le physicien de Stuttgard.
Malgré la distance qui sépare Stuttgard de Viviers ;malgré la dtorsitô des méthodes, MM. Flaugergues etSehübler parviennent à des conséquences analogues.Il semblerait donc bien difficile, aujourd’hui, de ne pasreconnaître que la lune exerce sur notre atmosphèreune action, très-petite il est vrai, mais qui cependantest appréciable, meme avec les instruments dont lesmétéorologistes font habituellement usage. Cherchons,néanmoins, si ce résultat capital ne pourrait pas en-core se conclure d’observations faites dans d’autreslieux.
L’idée fort naturelle que la lune devait agir exacte-ment de la meme manière, sur l’atmosphère, d’aborddans le premier et dans le second quartier, ensuitedans la nouvelle et dans la pleine lune, avait amenéjusqu'ici les météorologistes , dans toutes les discus-sions auxquelles ils se sont livrés, à réunir ces quatrephases par groupes de deux. Le travail de M. Flauger-gues montre qu’à l’avenir il sera nécessaire d’adopterd’autres bases. En- ce moment je ne puis pas m’enécarter.
Eh bien ! prenons les observations de M. Flauger-
gues, et nous aurons :
Hauteur moyenne des quadratures.. . . 755 mm ,81
Hauteur moyenne des syzygies. 755 39
Excès du premier résultat sur le second.. 0 42
Venons enfin aux observations de Paris , que M. Bou-vard a discutées, et nous trouverons :
Hauteur moyenne des quadratures . *. . 75G mm ,59
Hauteur moyenne des syzygies. 755 90
Différence, toujours dans le même sens . 0 09
Ainsi, plus d’incertitude possible : la lune, dans nosclimats, exerce sur l’atmosphère une action très-petite,mais que la combinaison d’un grand nombre de hau-teurs barométriques fait ressortir nettement. Il reste àdécider de quelle nature est cette action.
Si la lune agissait sur l’enveloppe gazeuse du globe,de la même manière que sur la mer, c’est-à-dire parvoie d’attraction ; si elle y produisait un double flux etreflux diurne ; si les heures des marées atmosphériqueschangeaient chaque jour, comme les heures des maréesde l’Océan, avec l’heure du passage de la lune au mé-ridien; pour déterminer toute l’étendue de l’effet, ilftiudrait comparer entre elles, jour par jour (on mepardonnera l’expression que je vais employer), les hau-teurs barométriques correspondantes aux hautes et auxbasses atmosphères. Or jusqu’ici il n’a été question,dans ce qui précède, que des observations d’une seuleheure de la journée, que des observations de midi.
Dans les syzygies, la lune passe au méridien supé-rieur ou inférieur à midi. Si, en chaque lieu, comme ilparaît naturel de le supposer à cause de l’extrême mo-bilité de l’air, le maximum d’effet coïncide, à peu près,avec la présence de l’astre au méridien, les moyennesdes seules observations faites à midi, les jours de syzy-gies, seront des moyennes de hautes atmosphères.
A toutes les époques de la lunaison, les hautes et lesbasses atmosphères semblent devoir être séparées entreelles, comme le sont les hautes et les basses mers, pardes intervalles d’environ 6 heures. Les observationsfaites à midi, les jours où la lune passe au méridienvers 6 heures du soir ou vers 6 heures du matin, c’est-à-dire vers le premier et vers le second quartier, ouce qui est la même chose en d’autres termes, à l’époquodes quadratures, correspondent donc à de basses atmo-sphères.
Comparer les observations méridiennes syzygies auiobservations méridiennes quadratures, c’est donc com-parer entre elles de hautes et de basses atmosphères lu-naires.
On remarquera sans doute que je n’ai pas annoncéencore comment les hautes atmosphères devront scmanifester; on demandera s’il faut s’attendre à unmouvement ascensionnel ou à un mouvement descen-dant du baromètre. Je me bornerai à répondre qu’ilm’était inutile en ce moment de décider cette question,i II me suffira, pour arriver au but vers lequel je tends,d’observer que les deux syzygies, si l’action ltinair*pouvait être assimilée à celle qui s’exerce sur l’Océan,si, en un mot, elle était attractive, devraient donnerles mêmes résultats; qu’il en serait également ainsi despremier et second quartiers comparés entre eux. Or,en jetant seulement les yeux sur la table qui donne Icihauteurs qui correspondent aux diverses phases de 1»lune, tout le monde verra que ces conditions ne sont paisatisfaites. Les inégalités de pression que les observations ont fait reconnaître, doivent donc tenir à quelquecause differente de l’attraction ; à quelque cause d’unenature encore inconnue, mais certainement dépendant*,de la lune. .
Après avoir montré que les différences de hauteur»du baromètre à midi et à 9 heures du matin sont senâ*blemcnt les mêmes aux syzygies et aux quadrature?,comparaison qui ne me paraît pas avoir la valeur qu^lui attribue, Arago conclut ainsi :
« La marée atmosphérique, en tant qu’elle dépendraitdo la cause qui produit les marées do l’Océan, en tantqu’elle serait régie par les mêmes lois, n’aurait don*qu’une valeur insensible. Nous voilà ainsi ramenéune seconde fois, à reconnaître dans les variations b»-rométriques correspondantes aux diverses phases l*naires, les effets d’une cause spéciale, totalement difrrente de l’attraction, mais dont la nature et le uiod<d’action restent à découvrir. »