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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BAROMETRE.

BAROMETRE.

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Ces moyennes, soit pour 20, soit pour 28 ans, in-diquent un accroissement assez régulier du nombrede jours pluvieux, depuis la nouvelle lune jusque versle 2«™ octant ; ensuite, un décroissement graduel ;enfin un minimum situé entre le dernier quartier et le4 me octant.

Quand on possédera une plus longue suite d’obser-vations, il sera facile d’effectuer ces mêmes calculs re-lativement à tous les jours du mois lunaire. Alors,pour éliminer totalement les effets des causes acciden-telles, il suffira de grouper ensemble les nombreusesobservations particulières faites , soit le jour de lanouvelle lune, soit le lendemain, soit le jour sui-vant, etc. En attendant que les richesses météorolo-giques permettent de suive cette marche, M. Schublera essayé d’approcher des résultats qu’elle fournira, enfaisant concourir à la détermination des quantités cor-respondantes aux diverses époques caractéristiques dela lunaison, les moyennes particulières de plusieursjours précédents et de plusieurs jours suivants. Jen’insisterai pas sur le genre d’interpolation qu’il asuivi, car toutes les méthodes connues auraient à peuprès donné les mêmes nombres. Deux mots suffiront,au surplus, pour rendre la table suivante parfaitementintelligible.

En 28 ans il y a eu en Allemagne 4,299 jours depluie. Pour avoir un nombre rond, M. Schubler a ra-mené tous ses résultats, par des parties proportion-nelles, au cas hypothétique d’un total de 10,000 jourspluvieux. Ainsi, lorsque dans la seconde colonne de latable on lit 290, cela signifie que, sur un espace detemps durant lequel il y a eu 4 0,000 jours de pluie,les jours pluvieux du quatrième octant, compris dansle même intervalle, ont été au nombre de 290; et ainside même pour les autres résultats.

Nombre de fois qu'il pleut, au sud-ouest de VAllemagne ,

dans les différentes phases, sur un nombre total de

10,000 jours pluvieux.

Le jour de la nouvelle lune. . . . 306

Le jour du 1 er octant. 306

Le jour du 1 er quartier. 325

Le jour du 2 me octant. 341, maximum ;

Le jour de la pleine lune. 337

Le jour du 3 me octant. 3I3

Le jour du dernier quartier . . . 284, minimum;

Le jour du 4 mC octant. 290

Pilgram chercha déjà, en 1788, si à Vienne , enAutriche , les phases lunaires n’exerçaient pas quel-que influence sur la pluie. Voici quels furent ses ré-sultats :

Sur 100 observations de la même phase :

Nouvelle lune.26 chutes de pluie.

Moyennes des deux quartiers. 25Pleine lune.29

Ici, comme à Augsbourg et à Stuttgard, la pleinelune offre plus de jours pluvieux que la lune nouvelle.La comparaison ne saurait être poussée plus loin ,puisque les quadratures, pour Vienne , ne sont pas sé-parées. Au reste, la similitude que j’ai pu signaler estd’autant plus remarquable, que les capitales de l’Au-triche , du Wurtemberg, et Augsbourg, diffèrent extrê-mement entre elles, quant à la quantité de pluie qu’ony recueille.

A Vienne , la moyenne annuelle s’élève

seulement à. 433 millim.

A Stuttgard, on a trouvé. 641

A Augsbourg, la somme énorme de . . 971

Influence de la lune sur la quantité de pluie et surla sérénité de l’atmosphère.

A l’aide des 16 années d’observations d’Àugsbourg,

embrassant 198 révolutions synodiques, M. Schublera pu former la table suivante, dont on comprendraaisément la signification, si je dis qu’on a considérécomme jours sereins tous ceux où le ciel était sansnuages à 7 h. du matin, à 2 h. et à 9 h. du soir; etcomme jours couverts, ceux où il n’existait pas (l’é-claircies aux mêmes heures de la journée.

Nombre

Nombre

Quantité

Époques.

de jours

de jours

de pluie,

sereins

couverts

en lignes,

en 16 ans.

eu 16 ans.

eu i 6 ans.

Nouvelle lune .

. 31

Cl

299

1 er quartier . .

. 38

67

277

2 m0 octant. . .

. 25

Co

301

Pleine lune . .

. 26

61

278

Dernier quartier

. 41

■ 53

220

Ces résultats

s’accordent assez bien

avec ceux qui

précèdent. On voit en effet, 1° que les jours sereinssont de beaucoup les plus fréquents au dernier quar-tier, époque du moindre nombre de jours pluvieux,comme le montre la table précédente ; 2° que c’estvers le deuxième octant qu’arrive le plus grand nombrede jours complètement couverts, ainsi que le maximumdu nombre de jours de pluie.

Quant aux quantités d’eau recueillies, le maximum,comme il fallait s’y attendre, correspond au deuxièmeoctant, et le minimum au dernier quartier.

De la pluie en tant qu'elle est modifiée par la distancede la lune à la terre.

Dès qu’une certaine action de la lune sur notreatmosphère était constatée , on devait naturellementpenser que, quelle qu’en fut la nature, les variationsde distance de cet astre à la terre auraient sur les phé-nomènes une influence marquée. M. Schiibler a trouvé,en effet, que, durant les 371 révolutions anomalistiquesqui ont eu lieu en 28 ans, il a plu :

Pendant les 7 jours les plus voisins dupérigée. 1169 fois ;

Pendant les 7 jours les plus voisins del’apogée.1096

Ainsi, toutes choses égales, plus la lune est voisinede la terre, et plus les chances de pluie sont grandes.

Les observations de Vienne ont donné à Pilgram,sur 100 répétitions de la même phase :

Périgée. 36 jours de pluie;

Apogée.20 jours seulement.

Résumé.

En nous bornant aux principaux résultats, il sembledifficile de ne pas conclure de ce qui précède, que lalune exerce une influence sur notre atmosphère; qu’envertu de cette influence, la pluie tombe plus fré-quemment vers le deuxième octant qu’à toute autreépoque du mois lunaire; qu’enfin, les moindres chancesde pluie arrivent entre le dernier quartier et le qua-trième octant.

Ces résultats sont sans doute fort éloignés des idéesgénéralement admises parles géomètres, les physicienset les météorologistes les plus instruits ; mais que leuropposer ? Ne résultent-ils pas de la discussion arith-métique des observations? Peut-être dira-t-on qu’onn’a pas embrassé dans le calcul un espace de tempsassez étendu; que les différences entre les nombres dejours pluvieux, correspondant aux diverses phases dela lune, sont purement accidentelles; que si M. Schii-bler prenait d’autres observations, il arriverait à desrésultats entièrement opposés aux premiers ; que, parexemple, il trouverait le minimum de pluie au deuxièmeoctant, et le maximum au quatrième, etc., etc.